Gym tonique

Écrit par Catherine de Coppet
Gym tonique
Paru en juin 2024
Article à retrouver dans cette revue
Sport & luxe
Revue XXI n°65
Sport & luxe
La mode se convertit au sportswear. Plongez-vous dans notre dossier sur le rapprochement entre deux univers longtemps irréductibles.
Été 2024

Le pari n’était pas gagné : se plonger dans l’univers des salles de sport de luxe alors que je n’ai jamais mis les pieds dans une salle de sport tout court. Après quelques coups de fil, mon choix est arrêté : j’essaierai un cours de boxe anglaise, et un cours de « Lagree » – concept américain consistant à pratiquer du Pilates sur une machine brevetée.

Je veux voir les clients qui paient cher pour suer – jusqu’à 50 euros l’heure –, je veux me couler dans l’atmosphère délicate ou branchée promise par des sites web qui se ressemblent, photos en gros plans de corps en mouvement sur fond noir et logos taille XXL. Je commence par la boxe, un « cours de sac » dans le saint des saints, Temple. J’y suis accueillie avec le sourire. La séance est très rythmée, le coach précis et sympa. Nous sommes deux femmes sur les sept élèves, et mon legging aux motifs wax tranche avec les tenues sombres, blanches ou rouges.

« All we have is now »

Tous prennent très à cœur leur entraînement, l’humour semble réservé au prof qui truffe de blagues ses instructions. Il est là pour nous détendre. C’est physique, et très technique. Pas de courbatures pour autant le lendemain. Celles-ci viendront après ma séance de « Lagree fitness » quelques jours plus tard : une heure d’effort au petit matin dans une salle éclairée aux néons bleus. Ici, il n’y a que des femmes, dont un petit groupe international de l’entreprise de prêt-à-porter Loewe, venu en team building. Avant de monter sur l’appareil, il est conseillé d’enfiler des chaussettes antidérapantes, vendues à l’accueil au modique prix de 29 euros. J’achète.


Je ne veux pas me faire mal bêtement. La prof nous guide en français et en anglais, sur une playlist électro qu’elle a confectionnée. J’essaie de suivre ses conseils, tout en cogitant furtivement sur le message en néon blanc accroché au fond de la salle tapissée de miroirs : « All we have is now. » Pas évident de faire du sur-mesure face à huit débutantes – un cas de figure rare, confie la prof, qui travaille le reste du temps comme hôtesse de l’air ! Très vite, il est clair que cette machine qui leste chacun de mes mouvements par des poids plus ou moins lourds en veut à mes abdos. Dont acte. Je ressors le ventre compact et douloureux. Mes essais s’arrêteront là. Heureusement ? Entre-temps,
je crois avoir trouvé la bonne histoire à raconter.

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