Missionné par l’émir du Qatar pour faire du Paris Saint-Germain la vitrine de la pétromonarchie, « NAK » a conquis les puissants de la capitale, des politiques aux milliardaires. Semant offrandes et scandales dans son sillage. Lire la première partie de nos révélations :
Longtemps, dans les travées du Parc des Princes, une autre catégorie de VIP s’est frottée, plus ou moins habilement, aux stars et grands patrons choyés par le PSG. Des hommes revendiquant être « au service » du président Nasser al-Khelaïfi, sans être toujours dans l’organigramme officiel. Un encombrant entourage, au cœur de ce que la presse a surnommé les « barbouzeries du PSG ». Une affaire gigogne, entre « trafic d’influence » présumé et espionnage privé, révélée fin 2022 et instruite par le juge Serge Tournaire à Paris. Dans ce dossier tentaculaire, les places pour le fameux carré VIP auraient servi, entre autres, de monnaie d’échange pour s’assurer les bonnes grâces de divers fonctionnaires.
« Nasser est toujours entouré de cinq ou six personnes, contextualise un proche. Il faut ramener ça à sa culture : dans le Golfe, si tu te déplaces seul, t’es personne. » Le Qatari ne porte jamais rien sur lui – ni sac, ni document, ni moyen de paiement. Tenter de l’approcher, c’est d’abord franchir l’aréopage de gardes du corps (au minimum deux en permanence) et de conseillers. Cette barrière humaine a d’ailleurs été entièrement renouvelée. Depuis 2022, c’est l’ancienne secrétaire particulière de Bernard Arnault qui gère son emploi du temps. Sa communication, depuis la disgrâce de l’ancien dircom Jean-Martial Ribes, mis en examen fin 2023 pour « trafic d’influence », est désormais dans les mains de David Sugden, un avocat britannique de 41 ans qui ne le quitte pas d’une semelle. Rencontré fin novembre 2025 dans une brasserie près du Parc des Princes au lendemain d’un match de Ligue des champions, ce crack du droit des affaires, formé dans le cabinet de référence Freshfields, tente de couper court à nos questions : « Maintenant, les polémiques sont terminées. Nous, les gens qui l’entourent, nous sommes une team d’élites. Les meilleurs. Tout le monde le dit. »
Trahisons et rancunes
Ce que le conseiller élude, c’est la raison pour laquelle cette nouvelle organisation s’est imposée. La faute aux « ombres » que « NAK » traîne derrière lui depuis son arrivée à Paris. Elles sont sa malédiction, et ont failli causer sa chute. Une bande d’« amis » vivant à ses crochets, soumis devant lui, mais monnayant leur proximité à sa personne dans son dos, jusqu’à le trahir. Au départ, il s’agissait surtout d’anciens compagnons croisés sur les courts de tennis : Yousef al-Obaidly, son ancien coéquipier en Coupe Davis, bombardé patron de BeIN Sports ; Adel Aref, arbitre de tennis et proche de l’émir du Qatar, qui sera longtemps son directeur de cabinet et le responsable du carré VIP du Parc des Princes ; et Hicham Karmoussi, un tennisman marocain devenu son majordome, dont l’amitié se transformera au fil des ans en servitude rancunière.
Une fois à Paris, Nasser al-Khelaïfi s’adjoint les services des Bessedik, une fratrie de Créteil d’origine algérienne, aux fonctions floues et aux mœurs secrètes. L’aîné, Ahmed, passé par la vente de voitures et les assurances, est le premier à se rapprocher de NAK, avant d’être rejoint par ses cadets Abdelkader et Bouabdella, dit « Bob ». Aujourd’hui, seul ce dernier a un rôle officiel au PSG où il est chargé du « family care » – en somme, un super-concierge affecté à l’intendance du président et des joueurs. Un poste hypersensible, où sa personnalité volcanique fait régulièrement des étincelles. Plusieurs joueurs, sous couvert d’anonymat, nous avouent s’en méfier.
Il y a aussi un dénommé Adoul, cuisinier égyptien aux côtés de NAK depuis des années, sans que l’on puisse déterminer son rôle au quotidien – ni son statut légal. Car le président du PSG, à l’instar d’autres sommités du Golfe, a été accusé par certains de ses employés de pratiquer la kafala – une tutelle juridique officiellement abolie au Qatar mais qui perdure, donnant aux employeurs la mainmise totale sur les droits civiques de leurs employés. Hicham Karmoussi, le factotum déçu, évoquera cette emprise étouffante fin 2024 devant les officiers de la brigade de répression de la délinquance contre la personne, dans le cadre d’une plainte qu’il a déposée contre X pour « harcèlement moral » et « travail dissimulé ». Face aux enquêteurs, Karmoussi raconte un quotidien de dévotion totale, nuit et jour, parfois forcé de dormir sur un canapé à l’affût des sollicitations de son patron – courses à toutes heures, livraisons de montres ou installation de tables de massage…
Condamné à mort par le Qatar
Le ressentiment croissant du majordome envers son patron finira par l’amener à se rapprocher d’un intrigant duo dans l’orbite du PSG : Malik Naït-Liman, un ancien policier de la DGSI recruté pour apaiser la relation houleuse entre la direction du club et les ultras, et le lobbyiste franco-algérien Tayeb Benabderrahmane – qui avait enregistré dans son téléphone, sous le nom « marraine », le numéro de Rachida Dati, maire du 7e arrondissement parisien et ancienne ministre de la justice de Nicolas Sarkozy. Les agissements du trio – don de places et de goodies du PSG en échange de coups de pouce de policiers en exercice (l’IGPN a été saisie) – seront le carburant des enquêtes judiciaires du dossier « barbouzeries ». Il y est aussi question des sauvegardes d’un téléphone d’al-Khelaïfi récupéré par Hicham Karmoussi, contenant – entre autres données très sensibles – « un mois d’enregistrement vidéo dans une chambre utilisée par [NAK] et une jeune femme », selon un rapport d’enquête.
C’est là que les choses se compliquent, et s’enveniment. En janvier 2020, Benabderrahmane, entre-temps embauché au Haut Conseil des droits de l’homme (un organe d’influence qatari), est arrêté par les services de l’émirat pour « atteinte à la sûreté de l’État » – un franc rappel que NAK et le Qatar, c’est la même chose – et placé en détention, puis en résidence surveillée à Doha. Au même moment, Francis Szpiner et Olivier Pardo, les avocats de NAK, en cheville avec Rachida Dati et l’ex-ministre déléguée à la francophonie Yamina Benguigui, entrent en contact avec l’épouse de Benabderrahmane, exigeant la restitution des clés USB truffées d’infos confidentielles (dont la fameuse vidéo), ainsi que la signature d’un accord de confidentialité drastique sur toute l’affaire.
Libéré fin 2020 une fois le document signé, Benabderrahmane portera plainte pour « torture et séquestration » à son retour en France. Les conseils parisiens de NAK, eux, le qualifient dans la presse de « maître-chanteur ». Au même moment, un tribunal qatari le condamne par contumace à la peine de mort, pour, entre autres, avoir tenté « de nuire à l’État du Qatar sur le plan économique et politique ».
Nasser ne regarde pas en bas, il ne regarde qu’en haut, vers l’émir. C’est pour ça qu’il s’entoure si mal…
Le président d’un gros club de football
Aussi sordide soit-elle, cette affaire n’a pas, pour l’heure, directement affecté judiciairement NAK – une « victime » dans ce dossier, martèlent ses porte-parole. La piste remontée par les enquêteurs s’arrête pour l’heure à Jean-Martial Ribes, directeur de la communication du PSG de 2011 à 2022, par ailleurs mouillé dans un autre dossier, celui de l’« armée numérique » du PSG. Un obscur contrat d’influence avec une agence chargée de discréditer en ligne les joueurs récalcitrants – comme Adrien Rabiot, en plein bras de fer avec le club – ou les médias perçus comme hostiles à l’instar de Mediapart ou de L’Équipe. Sur toutes ces procédures, la défense du Qatari, qui s’est constitué partie civile, est la même : il n’était au courant de rien, perché dans les hautes sphères, loin de ces embrouilles intestines. « Nasser ne regarde pas en bas, il ne regarde qu’en haut, vers l’émir, résume le président d’un gros club, habitué du carré VIP. C’est pour ça qu’il s’entoure si mal… » David Sugden, l’avocat chargé de remettre de l’ordre, en convient : « Quand tu es dans le groupe, Nasser devient presque aveugle, car sa nature est de faire confiance. Et, au début, il a fait confiance aux mauvaises personnes. »
Une autre affaire, que nous révélons ici, pourrait venir percuter le ravalement de façade en cours au PSG. Elle concerne un certain Mohammed Saïd Mohammed. Un autre homme de l’ombre que tous, dans les arcanes du club, connaissent sous le surnom d’Abou Ghazal. Né en 1974, ce Palestinien de nationalité jordanienne a imposé sa silhouette massive aux côtés du Qatari pendant des années, comme en attestent de nombreux clichés paparazzés ainsi que des messages que nous avons consultés. Les deux hommes sont devenus inséparables à la fin des années 1990, Abou Ghazal officiant comme garde du corps. Mais pour NAK, il est bien plus que ça : une présence amicale constante, un « homme de compagnie » avec qui partager le thé. « Un gros nounours », dixit Adel Aref, l’ex-dircab.
Soudaine disparition d’un garde du corps
Logé, nourri et même vêtu de pied en cap par le PSG, Abou Ghazal disparaît subitement fin 2020. Soudain, celui qui ne se déplaçait qu’avec l’autorisation – et sur les deniers – du club ou de BeIN Sports s’est volatilisé. La raison probable de cette disparition se trouve explicitée dans une demande d’entraide envoyée au Qatar par le Quai d’Orsay, datée du 18 juillet 2023, que nous avons pu consulter. Y est évoqué un certain Mohammed Saïd Mohammed, alias Abou Ghazal, entendu comme témoin dans une affaire de viol présumé, instruite à Paris. Les faits remontent à 2018, à la sortie de la boîte de nuit parisienne L’Arc, située, comme son nom l’indique, à deux pas de l’arche napoléonienne.
Sur les images de surveillance de l’établissement, on voit, vers 4 heures du matin, une jeune femme alors âgée de 19 ans suivre, titubante, deux hommes dans un van noir. L’un d’eux est Abou Ghazal, reconnaissable à sa carrure moulée dans un t-shirt blanc. Celle qui était venue faire la fête avec des copines de promo raconte à Revue21avoir été conduite dans « un tout petit appart, genre studio ». À son réveil, celui qu’elle désigne comme « le garde du corps » a disparu. « Il y avait une autre personne à côté de moi, endormie, se souvient-elle. Il était nu, moi aussi, j’avais mal. J’ai tout de suite pris mes affaires et je suis partie en courant. »
Soumission chimique
Ses souvenirs de la soirée se résument à quelques flashs, dont le champagne offert par les deux hommes. Elle se souvient parfaitement du cerbère d’al-Khelaïfi : « Il avait le rôle du gentil qui met en confiance les filles. Il m’avait dit qu’il était proche du PSG. L’autre se faisait passer pour un ancien joueur de foot de Chelsea. » Des analyses toxicologiques réalisées deux jours plus tard révèlent des traces de dextrométhorphane, un médicament contre la toux qui, détourné de son usage, peut altérer l’état de conscience dans le cadre d’une soumission chimique. La jeune femme porte plainte le lendemain de ces résultats.
Entendu une première fois par la police en octobre 2019, Abou Ghazal nie en bloc avoir servi de rabatteur, avant d’être confronté aux images de surveillance. Convoqué à nouveau en 2021 par l’intermédiaire des avocats de Nasser al-Khelaïfi qui assurent sa défense, il indique être « outside of Paris ». Depuis, plus de signe de vie. Les courriers adressés par la justice française via le Quai d’Orsay sont restés lettre morte. Abou Ghazal a-t-il été exfiltré ? « Rien de tout ça n’a à voir avec le président », s’agace David Sugden. Pourtant, selon nos informations, l’homme vivrait aujourd’hui à Doha et serait toujours employé de BeIN Sports. « Si le juge veut lancer un mandat d’arrêt international, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à aujourd’hui, il sera exécuté avec l’aide d’Interpol », botte en touche le dircom.
« Puisque c’est comme ça, on part ! »
Lundi 22 septembre 2025, Paris, théâtre du Châtelet. Nasser al-Khelaïfi est au troisième rang, juste derrière les lauréats, pour la cérémonie du Ballon d’or, les oscars du football. Personne n’est mieux placé. Sur scène, Ousmane Dembélé, le numéro 10 du PSG, serre dans ses bras la plus haute récompense individuelle du sport. Son premier merci va à son président, « exceptionnel avec moi, comme un papa ». À vrai dire, plus qu’un père, NAK est désormais le parrain du foot français. Et au-delà : son envergure s’étend au continent, depuis son élection en 2021 à la tête de la puissante Association européenne des clubs (ECA), qui a son mot à dire sur le format des compétitions reines.
Plus tôt dans la soirée, al-Khelaïfi avait fait l’étalage de sa puissance. Alors qu’un garde de sécurité zélé reprochait à la famille de Dembélé de s’être assise devant une issue de secours, provoquant la fureur du joueur, le Qatari avait menacé de quitter la cérémonie avec toute sa délégation. Pour faire baisser la tension, les organisateurs avaient dû trahir le sacro-saint secret des délibérations : Dembélé allait être sacré à la fin de la soirée. Tel un chef de clan, NAK avait alors fait rasseoir ses ouailles.
« Puisque c’est comme ça, on part ! » : cette phrase, lâchée ce soir-là, est désormais le refrain lancé à tous ceux qui se mettent en travers de sa route. Sous-entendu : sans moi, vous n’êtes rien. Le Qatari ne s’est pas privé de le rappeler aux autres présidents de club, à l’été 2024, lorsque le foot français s’est retrouvé au bord du gouffre – alors que la saison allait reprendre, aucun diffuseur ne s’était engagé à acheter les droits de diffusion du championnat de France. Il faut dire que l’appel d’offres précédent, six ans plus tôt, avait viré à la farce. Le groupe audiovisuel espagnol Mediapro avait raflé les principaux lots en faisant gonfler artificiellement la facture globale au-delà du milliard d’euros, avant de vite se montrer incapable d’assurer les paiements. La bulle du foot français – à laquelle le Qatar, via BeIN Sports, avait grandement contribué – venait d’éclater spectaculairement.
Fini l’argent magique
Alors, en ce mois de juillet 2024, pour éviter un nouveau fiasco, tous les regards se tournent vers le « président Nasser » et ses poches profondes. Pour les équipes du milieu et du bas de tableau, ces subsides sont existentiels. Vincent Labrune, l’ex-président de l’OM devenu patron de la LFP, rassure les présidents de club – un accord avec les Qataris est tout proche. L’info circule : l’émirat va poser 700 millions d’euros sur la table et sauver le foot français.
Le 10 juillet, les présidents de club se retrouvent… à Londres, capitale de la financiarisation du foot. Rendez-vous est donné dans les bureaux feutrés de Merlyn Partners, le fonds luxembourgeois du Néerlandais Maarten Petermann qui détient le Losc, le club de Lille. Habitué des milieux d’affaires qataris, l’hôte est un proche de Nasser al-Khelaïfi. Lequel entre dans la salle de réunion en dernier, de conserve avec Vincent Labrune – comprendre : c’est lui le vrai boss. Et là, stupeur : NAK n’annonce pas un engagement massif de BeIN Sports, mais simplement qu’il discute des droits télé avec DAZN, une plateforme britannique de streaming mal implantée en France. Un dirigeant bégaie : « On nous a parlé d’un deal, on s’est trompé ? » NAK ne cajole plus, fini l’argent magique : « Non, il n’y a plus de deal. »
John, arrête de parler. Tu viens de je ne sais où, cow-boy.
Nasser al-Khelaïfi à John Textor, alors président de l’OL
Quatre jours plus tard, une nouvelle réunion, en visio cette fois, tourne au pugilat. Joseph Oughourlian, le propriétaire du RC Lens, refuse de se laisser « intimider » – son mot – et lâche : « Nasser, il y a un concept qui visiblement vous échappe chez BeIN ou au PSG, ou bien chez les deux, et qui s’appelle le conflit d’intérêts… » NAK le coupe : « Tu ne connais rien aux médias. » Le président de l’Olympique lyonnais, l’Américain John Textor, accuse le Qatari de confisquer la parole et de « tyranniser » l’assemblée. « John, arrête de parler […], tu viens de je ne sais où, cow-boy », rétorque al-Khelaïfi, comme dans une bagarre de saloon.
Fini le « Nasser » onctueux et généreux. L’affaire est pliée, les présidents de club, humiliés, doivent courber l’échine. Le football français bascule vers une autre solution, plus fragile, plus risquée, pour « seulement » 400 millions d’euros. Le Qatar, de son côté, jubile de ne plus avoir à surpayer des centaines de millions pour ce championnat que le PSG écrase sans difficulté ni suspense, seule la Ligue des champions ayant de la valeur à ses yeux.
Sans surprise, quelques mois plus tard, le deal DAZN explose. L’opérateur britannique refuse de verser ce qu’il doit à la LFP – c’est le remake du fiasco Mediapro. Cette dernière est contrainte de lancer sa propre plateforme de diffusion, Ligue 1+, réduisant considérablement ses revenus issus des droits télé, rognés jusqu’à 90 % pour les clubs les plus modestes. En parallèle, elle doit ferrailler avec… BeIN Sports, qui rechigne à régler l’intégralité de son contrat – en janvier 2026, la chaîne a été condamnée en première instance à verser 14 millions d’euros d’impayés. Pour les fans de foot, c’est la purge : il faut encore changer d’abonnement, débourser toujours plus pour une qualité qui dégringole.
Double casquette et démission
Mais le Qatari ne désarme pas. Début février 2026, quand Ligue1+ essaye de se renforcer en tentant d’acheter les droits de retransmission de la Coupe du monde, le président du PSG double la chaîne tricolore avec BeIN Sports et deale en direct avec la Fédération internationale (ce que nie la Fifa). Une nouvelle pelletée de terre sur le modèle économique des clubs français. « Aujourd’hui, il y a manifestement des conflits d’intérêts à l’intérieur de la Ligue et c’est ça la difficulté », s’indigne sur RTL le patron des médias de la LFP, l’ex-dirigeant de M6 Nicolas de Tavernost. Ulcéré, il a mis sa démission dans la balance. Sans toutefois oser prononcer le nom de NAK.
L’homme à la double casquette devient le fossoyeur du foot français. Mais d’autres voient en lui un modèle, à l’instar d’Antoine Arnault qui s’est lancé dans l’aventure footballistique en renflouant fin 2024 un autre prétendant dans la capitale, le Paris FC. L’héritier de LVMH dit « admirer » la « résilience » de l’enfant de Doha.
Tortueuse « affaire Lagardère »
De tout cela, le Qatari se soucie-t-il ? Aime-t-il vraiment le foot, d’ailleurs ? Mystère. L’ex-tennisman s’est vu confier une mission de conquête, largement remplie, par un État qui, désormais, a d’autres priorités que le ballon rond. Et, surtout, d’autres façons de peser sur le jeu géopolitique. En témoigne son rôle central après le 7‑Octobre dans les négociations entre les Israéliens, les Américains et le Hamas. Alors, quel rôle pour le fils de pêcheur dans le futur ?
D’autant qu’à Paris, les juges ne le perdent pas de vue. En février 2025, NAK a été rattrapé par la tortueuse « affaire Lagardère », visant les efforts d’Arnaud Lagardère pour influencer le conseil de surveillance – en théorie indépendant – de son propre groupe, très critique de sa gestion. Le président du PSG aurait pesé en sous-main sur un vote en assemblée générale, en 2018, via le fonds souverain qatari, alors actionnaire majoritaire de l’empire médiatique français. Mis en examen notamment pour « complicité d’achat de vote », al-Khelaïfi s’est dit, devant les juges, « surpris d’être là ». Et d’ajouter : « Je n’ai aucune influence dans cette affaire. […] “Nasser par ci, Nasser par là !” Quand les gens veulent se défendre, ils citent mon nom… » En off, les relais du « président » ont fait passer le message : si les choses continuent comme ça, « les investissements du Qatar en France pourraient diminuer ». Et NAK quitter la capitale. Longtemps, les supporteurs du PSG ont chanté « ici, c’est Paris ». Mais désormais, « ici », c’est Nasser.