Soixante minutes pour oublier la guerre

Écrit par Marion Touboul Illustré par Vincent Roché
Soixante minutes pour oublier la guerre
Sa maison demeurera le ciel
Épisode 1
Sa maison demeurera le ciel
(1/3). Dans une base perdue dans le Nevada, Pierre se forme à la guerre à distance. Une guerre moderne, technologique, clinique.
« Je tue en toute sécurité et, en tuant, je sauve des vies »
Épisode 2
« Je tue en toute sécurité et, en tuant, je sauve des vies »
(2/3). Semaine après semaine, Sebastian passe au crible la province de Nangarhar, en Afghanistan. Elle est devenue son terrain de chasse.
Soixante minutes pour oublier la guerre
Épisode 3
Soixante minutes pour oublier la guerre
(3/3). Si les images en HD de corps en charpie hantent certains, la vraie menace pour les équipages de drone, c’est le burn out.
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Si les images en HD de corps en charpie hantent les esprits de certains militaires, la vraie menace pour les équipages de drone, c’est le burn out. Il manque 3 300 pilotes au sein de l’US Air Force. Pierre, lui, est fier d’être français : la force de son pays, c’est son éthique.
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L’esprit de Sebastian flotte

14h30. 18 °C à l’intérieur, 30 à l’extérieur. ­Bientôt huit heures à surveiller le même village, les faits et gestes d’un même groupe d’hommes qui leur échappe… Huit heures à n’être qu’une tête. Les yeux de Sebastian peu à peu fatiguent, ses jambes picotent. Son esprit engourdi flotte. Plus qu’une heure. L’esprit divague, aussi brumeux que les batailles sans combat. ­Entendre vibrer le téléphone, voir le nom de Lizzie, sa femme, apparaître. Que ­fait-on pour le frigo ? On le répare ou on en rachète un ?

Éteindre le portable, revenir à l’écran de contrôle, avoir l’impression de sentir le vent s’engouffrer dans les robes bleues des Afghanes et vouloir plonger dans la mer, se jeter dans les vagues, avoir pitié pour les hommes au sol le dos courbé par le poids des armes, peser une tonne le cul dans ce siège, penser à fêter l’anniversaire de sa mère le lendemain, trouver un air de ressemblance entre cet Afghan et son frère, avoir envie d’aider ce gamin à ­démêler les fils de son cerf-­volant, ­regarder la nuit couvrir les écrans de contrôle, ajuster le vol, réajuster le siège, se lever, aller une minute trente se vider la vessie, respirer l’air poussiéreux du ­Nevada, se dire qu’il est aussi épais que celui de ­Kaboul, prendre un café et revenir en guerre, repenser à l’océan, plus que trente minutes, la sensation de l’eau sur la peau, rêver de vacances, se dire que deux jours de congé c’est trop court pour aller voir la mer, sentir la fatigue atteindre les bras, se demander si le gamin au cerf-volant sent la présence du drone à force de fixer le ciel, se lever, baisser la clim, prendre un nouveau café, sentir monter le froid et la fatigue. Le ­vertige. Le vide.

15 heures. Fin de service. Le drone reste en orbite. Sebastian et Kevin laissent les commandes à l’équipage suivant pour huit heures. Et ainsi de suite, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Une guerre au loin, une guerre sans fin.

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17 mai. Huit frappes en Afghanistan (provinces de Baghlan, Kandahar, Koundouz, Parwan, Orozgan) – Nombre de victimes inconnu
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Une tempête de sable vide la piste  

15 heures. Un violent vent traversier, un crosswind à 40 kilomètres/heure, secoue la base.L’ombre des nuages dessine sur les collines vertes des taches brunes pareilles à celles des tenues militaires. Partout ailleurs, le sable et la poussière se mêlent dans la tempête. Un décor aride, afghan. Pierre respire profondément. Il se revoit aux manettes de son ­Mirage 2000. Dans la nuit sans lune comme dans le jour au zénith, il mettait les gaz, perçait le ciel, il était chez lui là-haut. 

Ses pensées sont interrompues par les allées et venues de soldats américains. Le vent qui retient l’équipage au sol ­n’empêche pas les hunters de Las Vegas de faire la guerre là où le ciel est clément. Combien Creech compte-t-il de cockpits dans des cages métalliques ? Cinquante ? Soixante ? Peut-être davantage. Le chiffre précis est tenu secret. Ces « boîtes » sont autant de bulles afghanes, pakistanaises, irakiennes, libyennes, se dit Pierre. Un pilote américain sort du conteneur. Leurs regards se croisent. Quel pays était-il en train de survoler ? L’Irak ? Le Yémen ?

Un Reaper de l’US Air Force a été récemment abattu au Yémen, où les États-Unis ne sont pas officiellement en guerre. En ­Somalie, pays supposément en paix, les mêmes oiseaux guerriers auraient tué des centaines de personnes depuis 2007. Que se passe-t-il au juste dans l’obscurité et le silence de ces box ? Pierre ne cherche pas à le savoir. Il est là pour apprendre la technique, c’est tout. Il compare, il pense : la force du combattant français, c’est son éthique. ­Respecter les fameuses règles d’engagement qui régissent l’emploi de la force armée par les soldats sur un terrain d’opérations, avoir le souci permanent de limiter les « dommages collatéraux », voilà qui le rend fier d’être ­français.

La France a choisi de ne pas se calquer entièrement sur le modèle américain. Personne pour bombarder depuis l’Hexagone.

Benoît l’a rejoint sur le parking. Tous les deux s’engouffrent dans la voiture et prennent à gauche sur la Highway 95, direction Las Vegas, plus au sud. Cette fois-ci, le paysage défile pour de vrai autour d’eux. Collines, désert, collines, désert. Ils allument la radio mais l’éteignent aussi sec. ­Silence. Déception de n’avoir pas volé, même par procuration.

Pierre repense à ce pilote américain dont il a croisé le regard. Est-il marié ? A-t-il des enfants ? Comment fait-il pour combattre la journée et rentrer chez lui le soir comme si de rien n’était ? Lui ne pourrait pas. Il a besoin d’être pleinement impliqué dans ce qu’il fait. Soit la paix, en famille, soit la guerre, au travail. Heureusement, la France a choisi de ne pas se calquer entièrement sur le modèle américain. Personne pour bombarder depuis l’Hexagone.

Les dizaines d’officiers déjà envoyés au Niger agissent dans le cadre d’une opération ­extérieure. Ils goûtent au sable, à l’inconfort des camps militaires, à la chaleur de ­Niamey. Objectif : limiter la distanciation, faire en sorte que le militaire français se sente engagé dans le conflit. Les équipages sont constitués de quatre personnes au lieu de deux. En plus du pilote et de l’opérateur capteur, il y a, dans une salle annexe truffée d’écrans, un opérateur image et un coordinateur tactique. « Non, les drones ne sont pas des robots tueurs. »

Sebastian tombe sur du rock chrétien

15 heures. Quand Sebastian ferme les yeux, il voit un écran beige et des points noirs qui progressent très lentement. Il a l’impression d’être parti si loin…Highway 95, direction Las Vegas. Il ouvre grand les fenêtres. Il aime ça, respirer l’air sec du ­Nevada. Mettre la radio à fond. Les enceintes crachent du rock chrétien. Il change la fréquence. ­Voudrait capter un air mexicain. Les ­guitares des mariachis, voilà ce dont il aurait besoin.

Il a une heure. Soixante minutes pour oublier la guerre, la tension sourde et les menaces lointaines qui planent sur les troupes au sol. Quitter sa peau de chasseur. Atterrir. C’est l’étape la plus délicate. Le passage express de la guerre à la paix. La journée s’achève, on rentre chez soi et il faut réparer ce foutu frigo, cuisiner, sortir les poubelles.

Il repense avec nostalgie à l’époque où il partait en missionsix mois, parfois davantage. En Afghanistan avec les gars de l’escadron, ils parlaient guerre, mangeaient guerre, dormaient guerre, jouaient aux cartes en pensant aux batailles… Un bombardement qui tournait mal, l’ennemi qui leur tendait un piège, l’avion qui tombait en panne, ils en discutaient aussitôt, ne laissant pas le temps à l’événement traumatique de pénétrer leur inconscient. Et puis une fois le mandat terminé, ils partaient en « sas de décompression », un séjour de quelques jours où, avec une équipe spécialisée, ils débriefaient ce qu’ils avaient vu, vécu. Les peurs, les frustrations, les mal­entendus étaient évacués. On les conseillait même sur la manière de revenir chez eux, d’aborder leur femme après ces longs mois d’absence. Les mondes étaient compartimentés. 

Les primes, qui peuvent atteindre 35 000 dollars annuels, n’ont pas encore permis de recruter suffisamment d’effectifs.

Là, c’est différent. Pas le temps de consulter un psychologue. Pas même celui d’échanger avec les camarades. Quand la journée est terminée, on s’empresse de rentrer chez soi. Faut encaisser. Suivre la cadence. 4 % des soldats seraient atteints de trouble de stress post-traumatique. Si les images en HD de corps en charpie hantent les esprits de certains, la vraie menace pour les équipages de drone, c’est le burn out. Il manque 3 300 pilotes au sein de l’US Air Force. Les primes, qui peuvent atteindre 35 000 dollars annuels, n’ont pas encore permis de recruter suffisamment d’effectifs. Et l’armée prévoit d’acheter de nouveaux drones… 

En attendant, il arrive que les shifts de Sebastian passent de huit heures à dix, voire douze heures. Et puisque la guerre ne laisse aucun répit, il faut travailler les week-ends, les jours fériés. Les dates de congé ­hebdomadaires varient constamment. ­Sebastian n’a plus le temps de faire du sport. Les rares fois où il va courir, c’est pour se vider la tête. Ne pas devenir fou. Il a vu des jeunes engagés dans l’armée pour voir du pays qui débarquent ici, largués dans ce bout de désert. Certains quittent leur famille pour la première fois. Ils savent à peine conduire. Épuisés, sans repère, ils se perdent dans les casinos de Las Vegas, l’alcool, la drogue, avant de pousser sur la manette des gaz. Il y a aussi les pilotes dont l’unité a fermé faute de moyens. Ils voudraient quitter l’US Army, rejoindre des compagnies d’aviation civile mais doivent d’abord rembourser leur formation longue et coûteuse, c’est-à-dire servir Creech pendant cinq à dix ans. Les gars sont déprimés. En manque de ­lumière. De sommeil. De perspective. 

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19 mai. Vingt-cinq frappes en Afghanistan (provinces de Paktika, Farah, Nangarhar, Kandahar, Hérat, Helmand) – 15 morts et 5 blessés
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Chez Pierre, un barbecue entre collègues

20 heures. C’est lorsque la nuit s’installe que Las Vegas s’éveille avec sa profusion de lumières criardes. Des touristes flânent, tranquilles, le long duStrip, cette portion de 6 ­kilomètres du Las Vegas Boulevard où se succèdent les grands hôtels et les ­casinos. Dans quelques heures, ils partiront au bras d’une Latina trop maquillée se réfugier dans des chambres feutrées. Deux mois ont suffi au pilote français pour connaître le manège vespéral du sexe et des dollars. Pierre ­préfère désormais passer ses soirées dans son ­quartier résidentiel, déserté par les voitures, où l’on entend seulement quelques enfants chahuter.

Comme la plupart des officiers américains, il habite la banlieue coquette du nord de Las Vegas. Il aurait aimé loger à ­proximité de Creech mais la base aérienne est cernée par le désert. Les six ­Français en formation, trois pilotes et trois opérateurs chargés des images, vivent dans la même ­résidence. Ça facilite la ­logistique. Le ­matin, ils partent ensemble. ­Quasiment une vie de caserne. Les villas sont impersonnelles et excentrées mais qui se plaindrait d’avoir un bout de jardin arboré, une salle de sport et une piscine en plein désert ?

Dans la cuisine plane un doux ­parfum sucré. Carole, sa femme, a préparé un gâteau aux pommes. Quelle chance de l’avoir ici à ses côtés. Dès que le pays où il est déployé le permet, elle l’accompagne. La vie de pilote de chasse, c’est être absent ­pratiquement une année sur deux. ­Beaucoup d’épouses finissent par décrocher. Avec les drones, les missions promettent d’être plus courtes. Pas plus de deux ou trois mois. Un argument de taille pour recruter de futurs ­pilotes. 

Dans le ciel à larguer la mort, ils se sentaient utiles, héroïques. Qu’en est-il des pilotes de drone ?

Ce soir, Carole et lui ont convié quelques gars du groupe à un barbecue autour de la piscine. Avec les entraînements ­nocturnes, ils vivent en décalé. Pour récupérer, ils se couchent généralement avant minuit.

Benoît, le « senso », et un autre pilote sont arrivés. Tous font partie de l’escadron de Cognac. La Libye, l’Irak, Djibouti, l’Afghanistan… Les yeux brillants d’émotion, ils se souviennent de leurs opérations extérieures à bord de leurs monstres des airs. Dans le ciel à larguer la mort, ils se sentaient utiles, héroïques. Qu’en est-il des pilotes de drone ? Des héros à distance, il y en aura tôt ou tard, Pierre en est sûr. En mai dernier, ce sont d’ailleurs des ­Reaper de surveillance pilotés par des militaires de leur escadron qui auraient participé à la libération des deux otages français au Burkina Faso, en surveillant la planque jour et nuit pendant des semaines depuis Niamey. De quoi changer l’opinion publique ? Pas suffisant. « Les ­Français ne veulent pas ­comprendre, peste Pierre. ­Regarder la terre depuis un drone, c’est comme regarder le sol depuis le trou d’une paille. Les cinq drones français ne permettront jamais de surveiller tout un désert, encore moins un pays ! »

Minuit. Les officiers vont se coucher, des rêves de reconnaissance plein la tête.

Sebastian est mort, vidé

Minuit. Il vit dans une villa au nord de Las Vegas dont il n’a, comme beaucoup de soldats, pas le temps de profiter. Il a passé la soirée chez des voisins avec sa femme Lizzie. C’était la première fois qu’ils les rencontraient. Ils avaient organisé un barbecue. Sebastian est arrivé en retard, ç’a fait scandale. Pas auprès de Lizzie – elle aussi est militaire, elle comprend – mais auprès de leurs hôtes qui ont pensé que le jeune homme se moquait d’eux. Sebastian s’est contenté de s’excuser. Qu’aurait-il pu dire ? Qu’il y avait ce char, bourré d’explosifs, qu’il fallait neutraliser avant qu’il pénètre sur un marché ? Que le camion est resté immobile pendant quatre heures ? Qu’il a ensuite fallu attendre que les rues du quartier soient désertées pour larguer la bombe ? Qu’il venait de passer non pas huit mais douze heures devant l’écran ? Qu’il était mort. Vidé. 

S’il revenait d’un vol dans un avion de chasse, on le considérerait comme un héros. Mais puisqu’il rentre d’un obscur bureau bardé d’écrans, c’est simplement un homme en retard. Le mois dernier, on lui a remis une médaille « en récompense de [son] engagement et de [son] dévouement », a dit le colonel. Il en a eu les larmes aux yeux. Enfant, il répétait à sa mère qu’il voulait sauver le monde. Il lui demandait conseil. En s’endormant, il pense à elle, à ses rêves de voltige. À cette étoile que jamais il n’ira lui décrocher.

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