Portrait  |  Pouvoirs

Marek Halter, auteur compositeur de sa vie

Écrit par Piotr Smolar Illustré par Petica / Agent 002
Marek Halter, auteur compositeur de sa vie
En 2008, « XXI » enquête sur Marek Halter. Exercice d’équilibriste que celui de tirer le vrai du faux des déclarations de l’écrivain.
Paru en octobre 2008
Article à retrouver dans cette revue

Moïse vit et reçoit sous des poutres majestueuses, près de la place des Vosges, au cœur du vieux Paris. Prophète en son pays d’adoption, il n’a pas de tables de la loi, mais un mot de passe, la paix ; pas de bâton pour errer dans le désert, mais un carnet d’adresses comme viatique ; pas de toge de prêtre, mais des cols roulés aux tons sobres, portés sous une veste, qui mettent en valeur sa barbe de rabbin sculptée en jardin à la française. La cravate, il la laisse aux décideurs qu’il croise si souvent dans les palais du pouvoir et les grandes entreprises. Son ministère à lui, c’est la parole.

Lors de notre première rencontre, Marek Halter jubile. La veille, le 10 juin 2008, le président Nicolas Sarkozy lui a remis les insignes d’officier de la Légion d’honneur. Le coffret rouge aux lettres RF entrelacées est posé sur la table, à côté d’un rouleau en velours de la même couleur. L’œil gourmand, il lance : « Je ne vais pas me balader avec ça ! Mais, comme dit ma femme, quand on sort d’où je sors, ça ne se refuse pas. » À l’Élysée, Marek Halter n’avait droit qu’à soixante-dix invités. Il s’amuse : « J’ai été malin ! J’ai fait une liste à part pour les invités politiques. Ça en a fait vingt de plus. » Et d’énumérer : Simone Veil, Jean-François Copé, Xavier Bertrand, Jean-Louis Borloo, Lionel Jospin, Jack Lang…

Deux détails ont froissé l’écrivain. Le Président n’a pas assez porté attention à lui et à l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, autre promue. Mais surtout, dans son discours, Nicolas Sarkozy a remarqué que le récipiendaire, « à la fois historien et conteur », était arrivé en France à l’âge de 18 ans. 

Un rapport ambigu avec les dates

Sacrée administration française : elle n’écoute pas Marek Halter et s’obstine à le faire naître en 1932 et pas en 1936, comme il le clame. Il ne faut pas incriminer les services de l’Élysée : tous les documents officiels que nous avons consultés le donnent né à Varsovie en 1932. Lui a toujours dit 1936. Ces approximations ne sont pas de son goût. Rien ne le réjouit plus que d’être le barde de sa propre épopée. Rien ne le contrarie davantage qu’un mauvais interprète de la partition de sa vie, celle qu’il a mis tant de soins à composer.

Car Marek Halter a un rapport ambigu avec les dates et l’histoire. La stricte véracité n’est pas son souci premier, reconnaît-il lui-même ; seul compte le récit, universel et/ou intime. Dans ses premiers livres, il a confondu biographie familiale et fiction, en faisant remonter son arbre généalogique jusqu’à Gutenberg, et même à l’Antiquité. Chez les Halter, on est scribes, puis imprimeurs de père en fils : « Gabriel Halter a été un des employés de Gutenberg. Mes ancêtres étaient des imprimeurs. En Italie, ils ont publié la première Bible en deux langues, en hébreu et en latin », explique-t-il le 14 mars 2001 au quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta.

Sans complexe, il nous livre le mécanisme de cette sublimation du passé : « Dans cette société, il existe un principe essentiel. Si vous voulez être écouté, il faut être quelque chose ou quelqu’un. C’est une société de la liberté, où la voix des anonymes n’est pas entendue. Ça m’a renvoyé à la Bible. Entre la masse des gens qui avaient des choses à dire et les rois qui ne les écoutaient pas, il y avait les prophètes. » Voici donc l’œuvre de Marek Halter : sa propre histoire.

« Je me souviens des sons de cloche dans mon enfance qui annonçaient les pogroms. » Un peu rapide : ces cloches annonçaient en fait les processions chrétiennes dans le quartier juif.

Il est né à Varsovie un 27 janvier dans la famille de Salomon, linotypiste, et Perl, poétesse. La capitale polonaise est alors un centre majeur de la communauté juive européenne, menacée par les desseins nazis. Son bref séjour au ghetto – créé par décret le 12 octobre 1940 –, avant la fuite de sa famille vers l’Est, est un moment fondateur du récit tiré de sa vie. C’est aussi la clé de son aura future dans le milieu intellectuel parisien, mais une clé plongée dans la brume, en raison des approximations de l’écrivain. « J’ai des réminiscences plus que des souvenirs », reconnaît-il. La nuance est importante.

Le récit des origines commence par les odeurs de l’atelier où son grand-père fabrique des chaussettes, par des chants en yiddish, par les briques rouges de l’église située rue Smocza, près du domicile familial, en plein quartier juif. « Je me souviens des sons de cloche dans mon enfance qui, régulièrement, annonçaient les pogroms », confie-t-il au Figaro magazine, en mars 2000. Un peu rapide : ces cloches annonçaient en fait les processions chrétiennes dans le quartier juif, derrière une statue de la Vierge. « Du coup, les Juifs fermaient les magasins, je me souviens du bruit des rideaux de fer, nous dit-il. Parfois, on entendait des cris. Moi, je n’ai rien vu. Les gens disaient, racontaient à mes parents : “Il y a eu trois blessés rue Nalewki” ou ailleurs ! Ces récits se superposaient au son des cloches. »

Marek Halter explique qu’il a quitté le ghetto en 1941 avec ses parents. Dans son ouvrage Le Fou et les rois (1976), il précise qu’un de ses oncles ouvrait la voie : « Nous rejoignîmes des amis à lui, qui nous firent sortir du ghetto par les égouts. » Rescapés et historiens s’insurgent. Dernier dirigeant en vie de l’insurrection du ghetto, Marek Edelman n’a aucun doute : « En 1941, il n’y avait pas besoin de passer par les égouts, c’est une idée absurde. On ne les a utilisés qu’à la fin, en 1943 (M. Edelman et une poignée de combattants juifs ont ainsi réussi à échapper aux nazis). Avant, on pouvait encore recourir à des laissez-passer allemands. »

Contradictions assumées

Confronté à ces contradictions, Marek Halter nous livre une autre version : « Au total, nous étions dix, douze. Nous sommes sortis normalement. Au début, j’avais vu le film d’Andrzej Wajda (Le Canal, sur l’insurrection de Varsovie en août 1944) et je me suis imaginé qu’on était sortis par les souterrains. Ce film, vous l’avez vu certainement. Et puis, après avoir écrit ça, j’ai reconstitué. Non, on est sortis par petits groupes, je crois. Je crois !…
— Que voulez-vous dire par “J’ai reconstitué” ?
— Il y a des souvenirs dont on se souvient. J’avais 4 ans et demi, 5 ans… » 

Son épouse Clara, assise derrière, aux aguets, intervient. « Il y a surtout les souvenirs qu’on vous raconte, qui ne sont pas les vôtres », plaide l’artiste peintre. Son mari reprend : « On s’identifie… Il y a des histoires qu’on vous raconte. D’autres qui ont fait la même expérience que nous. Et tous ces réfugiés… Certains d’entre eux, surtout les écrivains yiddish, comme ma mère, ont raconté leurs histoires, et moi j’écoutais, c’est devenu mon histoire. »

Marek Halter vénérait son grand-père Abraham. Celui-ci a connu un sort tragique dans le ghetto. Mais lequel ? Dans Le Figaro du 10 décembre 1999, il déclare : « C’était un Juif profondément religieux qui chantait la Marseillaise en yiddish. Il imprimait un journal clandestin dans le ghetto de Varsovie. Mon grand-père Abraham est allé parler aux nazis qui l’ont assassiné. » Dans Le Fou et les rois, il écrit : « On m’a dit qu’il s’était jeté de son balcon, une grenade à la main, sur un char allemand », au moment du soulèvement du ghetto. 

On lui parle de ces contradictions. Halter assume. Il assume toujours, c’est ce qu’il y a de désarmant. L’écrivain évoque son « grand-père universel » :

« Certains disent qu’il est mort dans la cave, d’autres qu’il s’est jeté sur un char, rue Nowolipie, du troisième étage. […] J’ai pris tout ce qu’on m’a raconté et je me suis forgé un grand-père, qui d’une manière ou d’une autre a participé à la révolte. […] C’est un personnage qui a marqué mon idée du judaïsme. Ce n’est pas par hasard que j’ai appelé mon livre La Mémoire d’Abraham. C’est sa mémoire que j’ai essayé de récapituler. Sa fin devait être forte. Dramatique et forte. 
– En somme, pour vous, la vérité historique n’est pas essentielle. Ce qui compte, c’est le message et les valeurs que l’histoire charrie…
– Oui. Il y a des faits, bien sûr. On ne peut pas changer des dates, l’invasion de la Pologne ou la mort de Staline en 1953. Et puis, il y a la petite histoire qui nourrit la grande […], faite de superpositions de souvenirs, de mémoires, de documents, de témoignages. Tout cela devient votre histoire. Sauf pour les historiens qui ramassent les documents. Je ne suis pas historien. » 

Un brûlot de quatorze pages

Michel Borwicz l’était, avant de mourir en 1987. Juif polonais, il compta parmi les rescapés du camp de Lwow, puis se consacra à la constitution des archives juives en Pologne. En France, il signa une thèse remarquée : « Écrits des condamnés à mort sous l’occupation nazie ». En 1984, sur ses propres deniers, il a publié à Paris un brûlot de quatorze pages intitulé Le Cas de Marek Halter : jusqu’où est-il tolérable d’aller trop loin ? Pour le retrouver, il faut sonder les caves de la bibliothèque Sainte-Geneviève, à deux pas de la Sorbonne. Dans ce texte, l’historien s’en prend au récit des origines de l’écrivain et le déconstruit pièce par pièce. Non, le grand-père Abraham « n’avait eu aucune part » dans la parution du journal clandestin Yedièss, dans le ghetto. Non, le père de Marek Halter n’aurait jamais tenté de rejoindre le maquis, pour la bonne raison qu’il n’existait pas encore. Quant à la sortie par les égouts, il s’agit d’un anachronisme. 

Plus grave, Borwicz affirme que ce départ et le passage à l’Est, derrière les lignes soviétiques, raconté par Marek Halter, paraît « absurde » car placé après le début de la guerre germano-soviétique, en juin 1941. Sa conclusion : « En réalité (et heureusement pour lui !), Marek Halter n’avait jamais vu le ghetto. » Le départ aurait eu lieu, selon l’historien, avant la création du ghetto.

Michel Borwicz était un homme respecté par ses confrères, comme nous l’ont confirmé Marek Edelman et le professeur Dariusz Libionka, de l’Institut de la mémoire nationale de Lublin. Sa condamnation écrite de Marek Halter était sans appel : « La confection de témoignages inventés de toutes pièces (et de surcroît mal inventés, car ils ne correspondent pas à la réalité des événements) empoisonne aussi bien l’image du passé que les recherches qui concernent ce passé. » 

1945, Place Rouge, mausolée de Lénine, défilé de la victoire. Ce jour-là, le jeune garçon remet des fleurs à Staline, racontera l’adulte. L’ordinaire ne sera jamais son pain.

Citer Borwicz devant Marek Halter provoque une crispation chez l’écrivain. Il parle de son compatriote comme d’un homme « aigri, jaloux » qui lui « vouait une vraie haine » après avoir été un visiteur fréquent et l’avoir félicité au moment de la parution de son premier livre. « J’aime bien raconter des histoires. Quelqu’un qui raconte des histoires, à un moment donné, commence à broder. Il brode à l’infini tant que les gens l’écoutent. Quand il n’y a plus personne pour l’écouter, c’est fini. Ça veut dire que vous êtes sans doute allés trop loin. Mais ce n’est jamais pour tirer un avantage ou inventer une histoire qui pourrait me servir. Le petit pamphlet de Borwicz m’a fait beaucoup de mal. »

À pied puis en train, la fuite vers l’Est a conduit les Halter vers Moscou, puis Kokand, en Ouzbékistan. Dans cette ville où affluent des centaines de milliers de réfugiés, ils vont passer plus de trois ans. La petite sœur de Marek, Bérénice, y mourra. Là encore, le récit est enlevé. Décidé à chaparder du riz pour nourrir ses parents, malades de la dysenterie et du typhus, le petit Marek intègre une bande de voleurs venus le défendre alors qu’il s’est fait pincer. Il a 8 ans. « Je ne volais pas mieux que les autres, mais j’étais capable de raconter des histoires qui duraient toute la nuit – Victor Hugo, Alexandre Dumas, Gogol, Sienkiewicz… », assure-t-il dans Le Fou et les rois. Sa précocité serait due à une fréquentation quotidienne d’une bibliothèque où travaillait sa mère : « J’y passais tout mon temps, je lisais les livres pour enfants », nous dit-il.

De conteur pour voleurs, le jeune Marek Halter devient pionnier modèle. « En 1945, le pouvoir soviétique a raflé tous les bezpizornyie, les sans-loi, dont je faisais partie, et les a intégrés de force dans le mouvement », explique-t-il à VSD le 14 novembre 2007. Voyage à Moscou, parmi des dizaines de délégués des jeunesses communistes. Place Rouge, mausolée de Lénine, défilé de la victoire. Ce jour-là, le jeune garçon remet des fleurs à Staline, racontera l’adulte. L’ordinaire ne sera jamais son pain.

En tête du groupe de la jeunesse borochoviste

La famille retourne en Pologne en 1946 et s’installe à Lódz. Marek Halter explique que son père, Salomon, passe des annonces dans la presse yiddish pour savoir s’il existe d’autres Halter. Plusieurs réponses leur parviennent, notamment de Paris où vit l’oncle David. C’est lui qui transmet un visa collectif à la famille, arrivée en France en 1950, dit l’écrivain. Les Renseignements généraux parlent du 2 décembre 1948. Lors du défilé traditionnel Bastille-Nation du 1er mai 1949, Marek Halter est vu à Paris en tête du groupe de la jeunesse borochoviste, un mouvement sioniste d’extrême gauche. L’écrivain le rappelle lui-même dans son premier livre.

« Je n’avais jamais été à l’école. Mon oncle voulait me donner des cours de français, mais je n’y arrivais pas. » Selon le récit tressé au fil des décennies, Marek Halter rencontre sur le pont des Arts une jeune Polonaise dont l’ami travaille avec le mime Marceau. Ce dernier lui aurait appris le français. L’histoire est belle, mais elle est écornée par Paul Halter, un cousin germain de Marek qui, âgé de 87 ans, dirige à Bruxelles la Fondation Auschwitz dont il a réchappé. Au téléphone, il se souvient : « Avec Marek, on se voyait souvent à son arrivée à Paris. Je l’ai connu parlant déjà bien le français. Il l’avait sans doute appris avec ses parents. »

Après le récit des origines, débute l’ascension professionnelle. Artiste peintre, Marek Halter intègre l’École supérieure des arts modernes, puis les Beaux-Arts, où il se montre doué. En 1953, il est lauréat du concours international de peinture à Deauville et part, dans la foulée, en Argentine. C’est son « premier voyage d’homme libre ». Il y reste près d’un an, expose à Buenos Aires. Sa tante Régina y vit avec son mari, cordonnier. De retour à Paris, il continue de militer dans la mouvance sioniste marxiste ; il y côtoie Clara Kurc, également d’origine polonaise, politiquement « très stalinienne » (Le Fou et les rois), qu’il épousera en 1957. Il peint ; elle écrit. 

 Je me souviens de la première fois que je me suis pointé chez Sartre. Je lui ai dit : “Je suis né à Varsovie, ma famille a échappé au ghetto.” Ça a suffi, il a dû se rendre, c’est comme si je sortais un revolver.

Marek Halter

Marek Halter cultive ses relations parisiennes. Son audace, son charme et ses talents lui permettent de briller dans le milieu intellectuel, où ses dessins jouissent d’une certaine renommée. Il polit son personnage : « Je me souviens de la première fois que je me suis pointé chez Sartre. Je lui ai dit : “Je suis né à Varsovie, ma famille a échappé au ghetto.” Ça a suffi, il a dû se rendre, c’est comme si je sortais un revolver. Est-ce que j’en ai joué ? Peut-être. J’en ai profité. C’était un moyen pour m’imposer, ouvrir des portes. J’étais un inconnu, ni Picasso ni Braque. J’ai découvert que c’était aussi un moyen de questionner les autres. »

La nouvelle vie publique de Marek Halter a pour socle le Comité de la gauche pour la paix négociée au Moyen-Orient. Créé après la guerre des Six Jours en 1967, ce comité regroupe des intellectuels croyant au dialogue entre Israéliens et Palestiniens. Les époux Halter dirigent aussi la revue Éléments, qui accueille toutes les contributions. L’artiste s’engage corps et âme dans le combat politique. Il multiplie les voyages au Liban, en Egypte, en Israël. Il rencontre Golda Meir, Ben Gourion, Nasser et Arafat. Les parrains du comité sont ses laisser-passer. « J’étais un général peu connu mais dont chaque soldat avait un nom mondialement célèbre. En me parlant, les dirigeants croyaient séduire les opinions occidentales », sourit-il. Marek Halter ne descendra plus de ces hauteurs. 

Viansson-Ponté lui met le pied à l’étrier

« À compter du moment où les chancelleries savaient qu’on avait des contacts avec de hautes personnalités, on devenait intéressants. C’est ainsi que j’ai rencontré deux représentants des services soviétiques. Avec Jean Lacouture et Bernard Kouchner, nous nous sommes ensuite pliés en quatre chez moi pour chercher les micros ! » À l’époque, les services français ne savent pas par quel bout saisir ce personnage atypique. Une note de la Direction de la surveillance du territoire (DST), datée de mai 1980, le souligne : Marek Halter était soupçonné d’être un agent des services israéliens, qu’il aurait informés à la fois sur les milieux de la gauche et sur ses contacts au Proche-Orient. Peu avant, la DST avait proposé d’ajourner de trois ans sa demande de naturalisation. Mais Simone Veil, ministre de la Santé, et Lionel Stoléru, secrétaire d’Etat auprès du ministre du Travail, étaient intervenus en sa faveur.

Un homme a joué un rôle clé dans l’épanouissement de la personnalité publique de Marek Halter. Figure emblématique du Monde, Pierre Viansson-Ponté est celui qui lui mettra le pied à l’étrier. Au peintre dont il loue les qualités et soutient l’engagement, le journaliste suggère d’écrire un livre. « Il m’a dit : “Tu écris, je corrige et Jeannine va le publier.” » L’épouse de Viansson-Ponté travaille chez Albin Michel. Sitôt l’ouvrage sorti, le journaliste rédige en septembre 1976 une critique trempée dans le miel : « Un roman d’aventures bâti sur cette trame ferait hausser les épaules tant il paraîtrait invraisemblable. Or tout ici est vrai et l’auteur, s’il n’était pas simple et modeste, pourrait à 40 ans s’écrier à son tour : “Quel roman que ma vie !” » Marek Halter, qui revendique cette amitié, en explique les ressorts : « Il faut comprendre cette époque. Les gens de la génération de Viansson-Ponté avaient mauvaise conscience. Non pas qu’ils aient fait quelque chose de mal pendant la guerre, certains étaient même dans la Résistance. Mais ils se sont rendu compte qu’ils n’avaient rien fait pour sauver des Juifs. J’étais leur mauvaise conscience. Je représentais un monde qui n’existait plus. » 

Le compagnonnage avec BHL

Dès lors, Marek et Clara, couple fusionnel, dédiés l’un à l’autre mais sans enfant, échangent leurs modes d’expression. Il écrira et s’adressera aux foules ; elle dessinera et le soutiendra, en coulisses, dans tous ses engagements. En ces années 1970 et 80, où l’horreur soviétique dévoile ses plaies, les combats seront nombreux. La défense des droits de l’homme accapare une génération d’intellectuels. Marek Halter s’impose en vigie. À longueur d’articles ou d’interventions, il convoque les grands hommes – philosophes, écrivains, respon-sables politiques ou religieux – et les installe à ses côtés. Il porte son « je » en étendard, le fait claquer dans le vent de l’histoire. Dans un article publié le 15 août 1982, il sermonne le Premier ministre israélien Menahem Begin et lui reproche de parler « au nom des millions de Juifs » qui ne sont pas israéliens. Begin lui répond : « Mais vous voulez, de l’étranger, me faire la morale ? Et qui plus est, à l’aide de versets et de maximes de nos sages ? […] D’où tenez-vous tout cela, cher M. Halter, installé que vous êtes à Paris, belle ville lumière ? »

Les causes de Marek Halter sont humanistes, donc forcément justes. Pendant quinze ans, elles seront partagées par un compagnon d’indignation, Bernard-Henri Lévy. Les deux hommes se sont rencontrés en 1969. De retour d’un voyage en Israël, le philosophe voulait publier un texte sur la légitimité du nationalisme palestinien. Il contacta le rédacteur en chef de la revue Éléments

Parfois désordonnés, les engagements se succèdent. En 1978, Marek Halter orchestre une campagne pour le boycott de la Coupe du monde de football en Argentine. Il entend dénoncer les crimes des militaires au pouvoir. Un an plus tard, le voici hostile au boycott des Jeux de Moscou. Il vaut mieux, dit-il, déposer des demandes collectives de visas afin de placer les autorités soviétiques au pied du mur. Début 1980, il se ravise. L’invasion de l’Afghanistan et la réclusion à Gorki d’Andreï Sakharov le font basculer : « Les dissidents, déjà nombreux à Paris, m’ont fait comprendre qu’aller aux Jeux n’était pas une bonne idée. »

Marek Halter multiplie articles, conférences de presse et happenings pour les télévisions : « Avec Bernard-Henri, nous avons été les premiers à dire qu’il fallait une stratégie pour être efficace. Les bons sentiments ne suffisaient pas. C’est comme ça que nous avons organisé un concert de Rostropovitch, dans le froid, devant l’ambassade soviétique, face à vingt-cinq caméras. »

Les Mig soviétiques n’étaient jamais loin, mais on ne nous a pas tiré dessus. Quant à avoir sorti une photo, ça, franchement, je ne m’en souviens pas. Et certainement pas celle de mon fils. Mais tout cela est si loin…

Bernard-Henri Lévy, qui tempère un souvenir d'Afghanistan raconté par Marek Halter

Les deux hommes se retrouvent en Afghanistan. Nous sommes en 1981. Marek Halter a lancé l’idée de Radio Kaboul libre : « J’ai demandé à mes amis dissidents russes, dont le général Grigoriev, héros de Stalingrad, d’enregistrer des messages pour que les soldats russes désertent. » Il faut acheminer des émetteurs. Marek Halter et Bernard-Henri Lévy s’en chargent : « Nous sommes d’abord partis au Pakistan. Les Afghans nous attendaient à Peshawar pour porter la radio aux moudjahidin. À un moment, les Russes tiraient. Bernard-Henri a sorti la photo de son fils, dont je suis le parrain. “Tu t’en occuperas…”, m’a-t-il dit. C’était fort. »

On aurait aimé photographier Bernard-Henri Lévy et capturer le trouble dans ses yeux lorsque nous lui avons rapporté l’anecdote : « Ce n’était pas du tourisme. Nous avons passé quelques jours à Peshawar, puis un jour ou deux dans la zone tribale, et enfin nous sommes passés de l’autre côté de la frontière. Les Mig soviétiques n’étaient jamais loin, mais on ne nous a pas tiré dessus. Quant à avoir sorti une photo, ça, franchement, je ne m’en souviens pas. Et certainement pas celle de mon fils. Mais tout cela est si loin… » 

La troisième aventure qui unit les deux hommes est la création, à l’automne 1984, de SOS-Racisme. Premier président de l’association, Harlem Désir s’en souvient : « Nous sommes allés voir Marek vers février 1985. En quelques semaines, nous avons fait des rencontres décisives avec Simone Signoret, BHL et lui. Tous nous ont dit qu’on devait s’appuyer sur les personnalités, qu’il fallait organiser une grande conférence de presse autour d’elles. Marek a affirmé qu’il ferait venir les chaînes étrangères, les Brésiliens de Globo TV, les Japonais de NHK… Avec BHL, ils étaient comme deux frères, deux complices. Ils nous ont apporté leur habitude de l’agit-prop médiatique, et pas de l’agit-prop militante. »  

Bernard-Henri Lévy minimise l’apport des « deux frères » : « Ce fut tellement fort, tellement inscrit dans l’esprit du temps, que les créateurs de SOS-Racisme n’avaient besoin de personne. Le mérite de Marek fut d’être toujours là par la suite, même quand il n’y avait que quatre clampins au Havre sous la pluie. » L’enthousiasme de Marek Halter est intact : « C’est le dernier grand mouvement indépendant. On s’est mis à parler de l’intégration, du multiculturalisme. Nous avons libéré la parole en banlieue. » 

Les frasques russes

L’URSS l’avait sauvé des nazis ; la chute de l’Union soviétique en 1991 lui ouvre de nouvelles perspectives. Polyglotte et autodidacte, Marek Halter joue la carte de l’Est. Sa proximité avec le pouvoir à Moscou, en particulier sous l’ère Poutine, lui vaut de se brouiller avec ses amis des années militantes : « Il a acheté de l’action russe en 1991-1992 et est devenu un agent d’influence », ironise le politologue Alexandre Adler. 

Le 30 septembre 1991, Marek Halter crée le Collège universitaire français de Moscou. Dix ans plus tard, il retrace l’histoire dans VSD : « Avec le violoniste Mstislav Rostropovitch, nous étions allés chercher Andreï Sakharov pour inaugurer la première université occidentale à Moscou. » Quinze ans plus tard, dans les Izvestia, il s’en remémore en ces termes : « J’ai ouvert l’université française ensemble avec Andreï Dmitrievitch Sakharov. » Jointe au téléphone à Boston, Elena Bonner, la veuve de Sakharov, dément : « Rostropovitch n’est revenu à Moscou qu’en août 1991, dit-elle, alors que mon mari était mort en 1989. »

Interrogé, Marek Halter se fait plus sobre. L’idée du Collège, explique-t-il, lui a été soufflée lors d’une rencontre avec Andreï Sakharov dans la capitale soviétique : « Plutôt que de prendre d’assaut le siège du gouvernement ou la télévision, il m’a dit qu’il fallait prendre d’assaut les universités. » Le même Sakharov, poursuit Marek Halter, lui aurait pris rendez-vous avec Gorbatchev. L’écrivain aurait alors bluffé le premier secrétaire du PCUS (Parti communiste de l’Union soviétique) en lui faisant croire que François Mitterrand soutenait le projet. Le président français aurait ensuite été averti en catastrophe. L’ancien porte-parole de Gorbatchev, Andreï Gratchev, confirme dans les grandes lignes : « Nous avons tous deux comploté en nous entendant sur ce que chacun devait présenter, moi à Gorbatchev, lui à Mitterrand. Je lui ai dit que, pour convaincre Gorbatchev, je devais lui assurer que Mitterrand était d’accord. »

Quand je suis arrivé, c’était le chaos total. La comptabilité était fantaisiste. Les répétiteurs locaux, y compris les Français, étaient payés en liquide. À mon exception, tout le monde travaillait sans contrat.

Jean-Robert Raviot, chercheur, président du Collège de Moscou de 1997 à 1999

Le premier président du Collège de Moscou (puis de celui de Saint-Pétersbourg ouvert en 1992) est un grand ami de Marek Halter. Enseignant de formation, rédacteur en chef de Tribune juive, Jean-Pierre Allali a participé à l’aventure du tournage du film Les Justes, réalisé par l’écrivain. À trois, avec l’ami Luc Ferry, ils décident du programme pédagogique sur un coin de table de l’appartement parisien des Halter. Jean-Pierre Allali s’en rappelle avec précision : « Marek ne supportait pas le train-train. Avec le Collège, il voulait créer l’événement, avoir des invités exceptionnels. Nous avons eu Jean Tulard, François Furet, Carrère d’Encausse, Le Roy Ladurie… » Le soutien du Quai d’Orsay, qui verse alors près de deux millions de francs par an, ne suffit pas à garantir la pérennité du projet. Une Association des amis du Collège est créée pour obtenir des financements supplémentaires.

Président du Collège à partir de 1997, le chercheur Jean-Robert Raviot claque la porte en 1999 : « Quand je suis arrivé, c’était le chaos total. La comptabilité était fantaisiste. Les répétiteurs locaux, y compris les Français, étaient payés en liquide. À mon exception, tout le monde travaillait sans contrat. » Il sera le seul à ne pas être invité aux 10 ans de l’établissement. Le Quai d’Orsay a décidé, à l’été 2008, de lancer un audit sur la gestion des collèges.

Dans les années 1990, Marek Halter est de tous les déplacements officiels de chefs d’Etat ou de gouvernements français. Moscou est son terrain de jeu. Il est incontournable : « J’ai dû énerver pas mal d’ambassadeurs. Quand ils voulaient rencontrer Primakov, alors Premier ministre, ils ne pouvaient pas. Moi oui, c’était un copain. »

Deux magnifiques caftans en or brodé

Toujours à la recherche de financements, il crée en 1997 Les Nouvelles françaises, une revue bilingue censée attirer la publicité. L’idée lui aurait été soufflée par Jacques Calvet, président de Peugeot-Citroën. « À l’époque, on a dû frayer avec des gens… », sourit Jean-Pierre Allali, sans en dire plus. Le quotidien Kommersant relèvera que le premier numéro compte treize pages de publicité à 10 000 dollars pièce sur un total de vingt-neuf. Tous les grands groupes français apportent leur soutien. 

Le vrai dérapage a lieu en janvier 1998 avec la publication d’une campagne de publicité pour l’Ouzbékistan, dictature d’Asie centrale. Le payeur, Gafur Rakhimov, est un des affairistes les plus riches de ce pays, spécialisé dans le coton et les produits alimentaires. Son représentant en France, Artur Martirossian, dirige la société Eurofood International, liquidée en juin dernier. Marek Halter raconte : « Martirossian m’a dit : “Mon patron aimerait bien faire paraître quelques pages sur son pays.” On a donc fait un petit supplément, qui nous a permis d’organiser un colloque. » Lors d’une visite en France, Rakhimov convie le couple Halter dans son hôtel pour leur offrir deux magnifiques caftans en or brodé. « Il y avait un bleu et un rouge », se souvient Clara.

À bord du jet de Dédé la Sardine

Le 20 mars 1998, Rakhimov quitte Genève à bord du jet d’André Guelfi, le célèbre « Dédé la Sardine », intermédiaire dans l’affaire Elf. À son atterrissage au Bourget, l’homme d’affaires ouzbek est arrêté. Inscrit au Fichier des personnes recherchées (FPR) en tant que « membre du crime organisé ouzbek », Rakhimov n’est pas le bienvenu sur le territoire. En rage, il réclamera une indemnité de 20 millions de dollars pour le préjudice.

Marek Halter est immédiatement averti de l’arrestation. « J’ai appelé Chevènement, alors ministre de l’Intérieur. Il m’a fait rappeler par son directeur de cabinet qui m’a dit : “On va le laisser repartir tranquillement, mais le ministre pense qu’il vaudrait mieux que vous laissiez tomber parce que ce n’est pas une personne tout à fait claire.” J’ai demandé s’il y avait des preuves. Il y avait des suspicions. L’histoire s’est arrêtée là. » Y a-t-il eu des interventions écrites ? « Peut-être. Je ne sais pas. Je ne me souviens pas avoir écrit. »

À cette époque et depuis de longs mois, Marek Halter intervient dans les discussions entre des sociétés françaises, Eurofood International et la région russe de Kemerovo, riche en ressources minières. « Je ne suis pas doué pour les affaires, d’une nullité absolue, assure Marek Halter. Une seule fois, j’ai donné un conseil, à Total, qui voulait aller au Turkménistan. Mais la promesse d’aide aux collèges universitaires est tombée à l’eau ! » 

L’écrivain dit avoir fait la connaissance du gouverneur de la région de Kemerovo, Aman Touleïev, au cours d’un déjeuner à Paris organisé par son ami Thierry de Beaucé, ancien secrétaire d’Etat sous Mitterrand. Le lien entre le gouverneur et l’écrivain est solide. Marek Halter est intervenu auprès du cabinet de Laurent Fabius, alors président de l’Assemblée nationale, pour obtenir une audience peu avant une visite officielle du Russe en octobre 1997.

« De quel soutien aurais-je pu me prévaloir au sein du gouvernement français – confessionnel, maçonnique, financier ? » Non. Politique.

Comme le stipulent de nombreux documents, Marek Halter est aussi consulté par des investisseurs français – dont la Générale des eaux, où Thierry de Beaucé dirige les relations internationales – désireux d’organiser des missions préalables à des investissements dans la région de Kemerovo. Eurofood intervient alors comme intermédiaire. Le groupe Lamy-Patin, par exemple, informe Marek Halter par fax qu’il s’intéresse au « charbon vapeur », à « l’anthracite » et au « transport maritime ».

Sous la gauche comme sous la droite, l’entregent de Marek Halter se consolide. Le voici nommé commissaire des célébrations du tricentenaire de Saint-Pétersbourg. Son épouse est de la partie : elle réalise, avec l’architecte Jean-Michel Wilmotte, une Tour de la paix, inaugurée le 27 mai 2003. 

Cette fois encore, les entreprises françaises apportent leur contribution à ce projet, situé place Sennaïa, au cœur de la « Venise du Nord ». Le Monde pose la question des soutiens dont a bénéficié l’entreprise. Dans un droit de réponse, Marek Halter fait mine de s’interroger : « De quel soutien aurais-je pu me prévaloir au sein du gouvernement français – confessionnel, maçonnique, financier ? » Non. Politique.

Il en parle sans fard à présent, dans son sublime et lumineux atelier de la rue des Minimes, son repaire depuis quarante ans. « Chirac et Raffarin ont été magnifiques. Un jour, Raffarin m’appelle et demande si tout va bien pour les célébrations. J’ai dit qu’on manquait d’argent. Il a alors organisé un dîner avec tous les CAC 40 et le gouverneur de Saint-Pétersbourg. Raffarin est allé les voir un par un en leur demandant : “Et vous, vous allez donner quoi ?” Louis Schweitzer (le patron de Renault) a dit : “Marek, il obtient toujours ce qu’il veut !” » Et Renault de fournir les voitures pour recevoir les invités pour les cérémonies. « Tout le monde a marché, Vinci, Arcelor… Tous les matériaux de la Tour étaient français. Si on avait dû tout payer, ça aurait coûté deux millions d’euros ! » Chargée de déceler les opérations financières suspectes, la cellule Tracfin fut saisie à l’époque d’une déclaration de soupçon contre l’Association du tricentenaire, dont Marek Halter était le mandataire. 

« Il faut relire les prophètes »

À ce fameux dîner à Matignon était aussi présent Sergueï Yastrjembski. Ancien porte-parole du président Boris Eltsine, l’homme a lié son sort à Vladimir Poutine. Il introduit Marek Halter auprès du nouveau maître de la Russie. Le prophète des droits de l’homme pose son mégaphone, remise ses colères et sort ses lunettes roses. En rupture intellectuelle, Bernard-Henri Lévy ne cache pas son énervement : « Marek pense que la démocratie progressera lentement, qu’il ne faut pas braquer les dirigeants. Je pense radicalement l’inverse. »

Marek Halter se défend : « Il faut relire les prophètes. Ils avaient une stratégie. On ne peut répéter les mêmes méthodes face à tous ceux qui ne respectent pas les droits humains. […] Tant que j’ai cette possibilité de travailler de l’intérieur, ça n’a pas de prix. C’est très bien que mes amis Glucksmann ou Lévy écrivent des articles tous les deux jours pour dénoncer le sanguinaire KGBiste. À long terme, ma stratégie est meilleure. »

Qu’il est loin le temps où cet homme se levait en colère ! Dans une interview à Livres Hebdo en 2001, Marek Halter tient des propos de diplomate chevronné : « Ce que l’on sait de la guerre en Tchétchénie a été dit par des journalistes qui se situent trop sur le terrain de la morale. Ce qui se passe là-bas est dégueulasse, disent-ils. C’est vrai, mais on ne peut pas en rester là. Il faut aussi chercher à comprendre le pourquoi des situations. » En 2007, il interroge pour VSD le maire de Moscou, Iouri Loujkov. Question : « La presse occidentale prétend qu’il n’y a pas de place en Russie pour une opposition politique, notamment pour Gary Kasparov… » La presse « prétend » ?

Voilà vingt ans, Marek Halter affirmait appartenir « à une tradition » où l’intellectuel agit « moins pour soutenir le roi que pour l’interroger en matière de justice ». Le procureur d’hier s’est mué en avocat. Sous son talon gisent les débris de sa vieille boussole : les droits de l’homme.   

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