Boycott, annulations, gel des subventions... « Ce qui a changé, c’est que le public est prêt à accepter des entraves visibles, spectaculaires »

Propos recueillis par Léna Dufeutrelle Illustré par Mina Ledoux
24 juillet 2026
Anna Arzoumanov
Crédit photo : Hadrien Dubucs
« Censure » : un mot qu’on pensait relégué au passé ou aux régimes autoritaires, et qui n’a cessé de revenir dans le débat public, en ces temps de « bataille culturelle ». Mais pour Anna Arzoumanov, le terme paralyse l’analyse et empêche de penser la variété, ainsi que la gravité, des différentes atteintes à la création, particulièrement dans le champ du spectacle vivant. Entretien avec la chercheuse du CNRS.

Un goût de cendre a empreint le Festival d’Avignon cette année. Dans les rues de la Cité des papes, de scènes en colloques, spectateurs, artistes et politiques (de Jean-Luc Mélenchon à Dominique de Villepin) ont fourmillé, les narines gonflées des effluves de deux brasiers cernant le spectacle vivant. D’abord, un contexte de coupes budgétaires amples et brutales, tant au niveau local que national, auquel s’ajoute un péril tout aussi brûlant et concret, lié pour partie à cette pression financière : celui d’une création de plus en plus souvent domptée, parfois muselée, tant par sa tutelle administrative que par des interférences politiques ou des pressions militantes.

La saison estivale à peine entamée, les polémiques se sont succédé, gonflant d’autant les craintes. Le 18 juillet, le concert de la DJ Barbara Butch a été interrompu sous les huées et les jets de projectiles à Grenoble après que des manifestants propalestiniens ont appelé à son boycott et manifesté devant la scène, du fait de son soutien à la proposition de loi Yadan visant à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », mais accusée par ses détracteurs de chercher à criminaliser la critique d’Israël, depuis retirée. La veille, le maire Rassemblement national d’Orange (Vaucluse) a annulé le concert, décidé de longue date, d’un groupe de choristes censé rendre hommage à Queen, au motif d’un soudain arbitrage budgétaire. Quelques semaines plus tôt, son homologue du RN à Castre (Tarn) a déprogrammé la pièce Passeport d’Alexis Michalik sur le parcours d’un jeune migrant érythréen.

Il y a dix ans, pourtant, le Parlement votait une loi visant à garantir et protéger la liberté de création artistique dans l’espoir de lutter contre « la multiplication des actes de [sa] remise en cause » alors constatée par le Conseil d’État. Depuis, la tendance s’est accentuée. Pour Anna Arzoumanov, les mots mobilisés tous azimuts pour décrire le phénomène sont impropres à rendre compte tant de la diversité des attaques que de leur intensité – et in fine incapables de les endiguer. C’est en tout cas la thèse de cette chercheuse en langue et littérature françaises, maître de conférences à la Sorbonne fraîchement détachée au CNRS, et qui publie à la rentrée Censure, aux éditions Anamosa.

Vous appelez à une suspension temporaire de l’usage du mot « censure », que vous jugez immodéré. Quel danger associez-vous à ce raccourci sémantique ?

Anna Arzoumanov : Le danger est de renvoyer dos à dos des pratiques qui n’ont rien à voir entre elles. « Censure » est un terme très à la mode, comme celui de « liberté d’expression ». Tout le monde s’en revendique pour disqualifier l’autre. C’est un mot péjoratif. Quand on l’utilise, on juge avant de comprendre. Le mot « censure » empêche de penser. L’extrême droite se l’est par ailleurs beaucoup approprié.

En droit, il renvoie à une interdiction institutionnelle a priori qui n’existe quasiment plus en France [subsiste néanmoins le contrôle des publications pour la jeunesse avec la loi de 1949]. L’utiliser nous met au même niveau que des États totalitaires. En Iran, tous les livres sont encore soumis à des contrôles étatiques. Sous l’Ancien Régime, il existait une censure a priori. C’est important de ne pas confondre ces pratiques avec les protestations du public ou un refus de subvention, par exemple. Choisir les mots adaptés permet de visibiliser ces pratiques. Les réunir sous un même terme les invisibilise.

Parfois, un événement spectaculaire qui n’empêche pas la vie d’une œuvre sera mis sur le même plan qu’un événement plus discret qui a un véritable effet d’entrave. Or, la liberté d’expression n’est pas entamée à chaque fois que le mot « censure » est employé.

Vous lui préférez celui d’« entrave »…

Oui, et vous pouvez distinguer les entraves internes des pressions externes. Les entraves internes sont celles qui émanent du champ culturel lui-même, c’est-à-dire des acteurs, publics ou privés, qui participent à la chaîne de circulation d’une œuvre, au fait qu’elle existe et soit visible : ceux qui produisent, programment et diffusent. Les pressions externes, à l’inverse, englobent tous les actes qui ne viennent pas de ces intervenants : les actions des publics, médias et personnalités politiques, entre autres. Elles peuvent prendre différentes formes, notamment l’appel au boycott.

À ce propos, ces toutes dernières semaines, deux événements très commentés se sont produits dans le fil d’appels au boycott. La DJ Barbara Butch a été interrompue en plein concert à Grenoble du fait de son soutien à la proposition de loi Yadan – une action qualifiée de « blocus militant pacifique » par Allan Brunon, son organisateur, un élu LFI local. Le cinéaste israélien Nadav Lapid s’est, lui, retiré du Festival international de cinéma de Marseille après que plusieurs participants ont menacé de boycotter l’événement si sa venue était confirmée. Pressions légitimes ou entraves délétères ?

Dans les deux cas, on est dans le contexte du conflit israélo-palestinien et le point de départ est un appel au boycott. Or, l’appel au boycott relève en principe de la liberté d’expression : il invite le public à ne pas se rendre à un concert, à ne pas voir un film ou à ne pas écouter un artiste, mais chacun reste libre de suivre ou non cet appel. En lui-même, il n’empêche donc rien. Mais la frontière entre contestation, pression et entrave est parfois ténue.


Dans le cas de Nadav Lapid, une pression extérieure conduit le réalisateur à se retirer lui-même du festival. Il n’y a pas de décision de déprogrammation : il renonce à présenter son film sous l’effet de la mobilisation. On est donc dans une logique d’autocensure sous pression. Pour Barbara Butch, le mécanisme est différent : la contestation se déplace sur le lieu du concert et c’est finalement l’artiste qui doit interrompre, pour des raisons de sécurité, sa performance. Une pression extérieure aboutit donc à un empêchement interne. Deux plaintes ont été déposées, et l’entrave pourrait être caractérisée du point de vue judiciaire [le parquet de Grenoble a annoncé, quarante‑huit heures après, l’ouverture d’une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés »]. Cet épisode intervient par ailleurs alors que Barbara Butch subit depuis la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques un important cyberharcèlement, notamment venu de l’extrême droite.


Dans les deux cas, il y a donc un effet concret sur la liberté de création et de diffusion : les artistes ne peuvent pas présenter leur travail comme prévu, même si les mécanismes diffèrent. Et, mis en série avec d’autres mobilisations récentes, ces événements montrent que la programmation d’artistes israéliens, ou ayant manifesté un soutien à Israël, devient plus conflictuelle.
C’est aussi ainsi que les frontières de la liberté de création se déplacent, sans qu’il y ait nécessairement « censure » au sens classique du terme. Ce sont parfois des pressions, des mobilisations ou des anticipations de controverses qui produisent des effets très concrets sur ce qui peut effectivement être créé, diffusé ou programmé. Juger ces mobilisations légitimes ou non relève de l’opinion. Mon travail de chercheuse consiste plutôt à décrire ces mécanismes et leurs effets, et à montrer combien la frontière entre contestation, pression, autocensure et entrave peut être ténue.

En 2025, l’administration Trump a exigé du Kennedy Center [centre culturel national et salle de spectacle] et de la Smithsonian Institution [établissement de recherche scientifique] à Washington DC un alignement avec sa vision de l’histoire américaine. Mi-juin, le maire de Castres, Florian Azéma, a déprogrammé la pièce Passeport d’Alexis Michalik, qui raconte le parcours d’un jeune érythréen laissé pour mort à Calais. Ces événements sont-ils comparables ?

Pour vous répondre, il faut revenir sur l’histoire du rôle de l’élu dans la programmation. Depuis longtemps, en France, il y a consensus : les élus n’interviennent pas. En tout cas, pas de façon officielle. Les programmateurs témoignent tous de ce qu’ils étaient relativement tranquilles. C’est pour cette raison que l’opinion a été très marquée dans les années 1990 par les premières mairies Front national qui ont dérogé à cette règle et ont censuré de manière assez spectaculaire des œuvres. Par exemple, le maire d’Orange avait cherché à substituer certains livres de la bibliothèque municipale, car il trouvait que les écrits collaborationnistes manquaient.


Aujourd’hui, c’est un peu différent. Il y a eu des phénomènes insidieux qui ont préparé le terrain pour que certains contenus ne soient plus désirables, notamment ceux qualifiés de « woke » qui concernent la Palestine, le féminisme et l’écologie, entre autres. Un certain nombre d’élus assument désormais de déprogrammer. Dans le cas de Passeport d’Alexis Michalik, le maire de Castres revient sur un programme validé qui devait être présenté le jour même au public. Il explique clairement que le récit d’un migrant n’a pas sa place dans sa ville. Ce qui a changé, c’est que le public est prêt à accepter des entraves visibles, spectaculaires. Ne regardons pas trop les États-Unis comme un pays exotique.

Des arbitrages plus discrets impactent tout aussi férocement la liberté artistique, constatez-vous.

L’accès à une œuvre repose sur une chaîne à laquelle on ne pense pas toujours : ce n’est pas que l’artiste. À chaque maillon, il y a une décision qui ne se voit pas. Par exemple, il peut y avoir un chantage à la subvention. Quand on sait à quel point les budgets sont réduits, c’est un moyen d’entraver la liberté. Tout est fait de façon informelle : ce peut être un commentaire à l’oral, sans trace écrite.

Les élus tiennent les cordons de la bourse. Attribuer des subventions est à leur seule discrétion. C’est très difficile dans ces cas-là de démontrer qu’il y a eu une entrave. Il leur suffit de ne plus subventionner les œuvres portant sur certaines thématiques.

Le 3 juillet, 28 théâtres, opéras et orchestres ont appris le « surgel » de 10 à 13 % de leur subvention automnale [la mobilisation qui a suivi a poussé la ministre de la culture, Catherine Pégard, à revenir sur cette décision le 21 juillet]. Ces coupes budgétaires, qu’elles viennent de l’État ou des collectivités, bénéficient d’un taux d’adhésion important dans l’opinion. Est-ce le revers d’un échec à rendre la culture accessible ?

Tout n’est pas parfait. Le milieu culturel doit endosser une part de responsabilité. Mais il y a une telle attaque actuellement… C’est le résultat d’une bataille culturelle menée par l’extrême droite. Cela me fait penser à la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public [dont le rapport a été adopté le 27 avril] : il est très difficile pour un secteur de se défendre lorsqu’il est attaqué aussi frontalement. Il est impossible de parler du fond, d’avoir un débat nuancé qui permette de se réformer. C’est si polarisé : soit on est pour, soit on est contre. Je crois qu’il faut réagir en documentant ce qu’il se passe et en expliquant à quoi sert ce principe de liberté de création, tout en procédant à une subtile autocritique. Accepter d’apporter de la complexité.

Le directeur du Festival d’Avignon, Tiago Rodrigues, a appelé à faire de l’événement un « avocat de la liberté de création ». Le maire de la ville, Olivier Galzi, expliquait pourtant en avril que la manifestation n’était pas « là pour sortir le drapeau palestinien ». Que vous inspire l’impératif de neutralité lorsqu’il est appliqué au domaine des arts ?

Alors là, justement, je pense que l’on n’est pas loin de l’entrave. Quand un maire, qui est un financeur du Festival d’Avignon, exprime l’idée qu’il ne veut pas de contenu relatif à un drapeau palestinien, ce n’est pas une entrave concertée au sens de la loi et donc pas une entrave condamnable et, pourtant, c’est une façon d’intimider, d’opérer une ingérence dans la programmation.

[On] parle d’une hypertrophie de la neutralité, car le principe est appliqué au contenu même des œuvres, et non aux seuls agents publics. 


Sur la notion de neutralité, elle a un fondement juridique mais est assez peu définie. Est-elle politique ? religieuse ? La juriste Stéphanie Hennette-Vauchez parle d’une hypertrophie de la neutralité, car le principe est appliqué au contenu même des œuvres qui sont programmées, et non aux seuls agents publics. Je la rejoins complètement. De nombreuses associations dans la culture, des compagnies, par exemple, doivent respecter cette neutralité quand elles signent leur contrat d’engagement républicain. Ce contrat date de la loi de 2021 « contre le séparatisme », qui a été votée à la suite de l’assassinat de Samuel Paty, pensée donc pour lutter contre l’entrisme islamiste. C’est une loi de circonstance dévoyée pour neutraliser les associations de manière générale.

En 1975, le premier directeur du Centre Pompidou, Pontus Hultén, explique que « l’État […] doit accepter et même payer pour sa propre critique ». Est-ce le propre du service public de la culture que d’être la main qui nourrit et se fait mordre en retour ?

Oui, d’abord car le financement privé subventionne moins ces œuvres subversives. Mais il faut historiciser ce lien entre artiste et transgression. Avant le XIXe siècle, on appréciait l’artiste par sa capacité à se conformer aux règles. Depuis l’époque romantique, règne l’idée de l’artiste qui subvertit. Je ne défends pas la subversion à tout prix : il y a des limites à la liberté de création, par exemple la violence infligée aux comédiens. Je pense en revanche qu’il faut une grande diversité. L’art doit pouvoir provoquer. Ce qui me pose un problème, c’est lorsque l’on oppose liberté de création absolue et vilains censeurs qui ne comprennent rien à l’art. Pour défendre la culture, il faut s’extraire des oppositions binaires.


Par ailleurs, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le conflit est propre au champ culturel. La notion même de « champ » est très liée à celle de frictions. Selon Pierre Bourdieu [le sociologue, 1930-2002] le champ est composé de pôles d’attraction et de pôles de répulsion. Par définition, le champ culturel n’est pas un endroit apaisé.

Vous évoquez le financement privé. En réponse à la tribune « Zapper Bolloré » qui a secoué le Festival de Cannes, Maxime Saada [le président du directoire de Canal+, grand financeur du cinéma et propriété de Vincent Bolloré, milliardaire breton à l’agenda réactionnaire] a déclaré « ne plus souhaiter travailler avec [ses] signataires ». Qu’a-t-on concrètement à craindre de la privatisation des imaginaires ?

La crise spectaculaire qui a eu lieu chez l’éditeur Grasset, c’est l’événement immergé, celui que l’on voit. Le reste ne se voit pas. La tribune Zapper Bolloré a assez peu mobilisé l’opinion parce que son accueil dans le milieu du cinéma a été très contrasté. Dans les mois qui ont suivi, Vincent Bolloré a sans scrupule programmé sur la plateforme Canal+ le documentaire en quatre épisodes adaptant Le suicide français d’Éric Zemmour [essayiste et politique condamné pour incitation à la haine raciale].


L’écosystème culturel a été financé et pensé en termes de politiques publiques culturelles. Quand la culture est privatisée, la mission de diversité des œuvres et d’accueil des publics n’est plus poursuivie, et la liberté de création est affectée. Le financement public de la culture permet de se prémunir contre la seule logique de rentabilité. Il y a aussi des raisons idéologiques… qui permettent une préparation de la société civile, qu’Antonio Gramsci [1891-1937] appelle une guerre de position.

Philosophe communiste italien, prisonnier du fascisme, Antonio Gramsci a théorisé la nécessité pour un groupe social d’imposer ses mots avant de pouvoir prétendre au pouvoir.

Ce que dit Gramsci, c’est que l’on gagne une élection par le métapolitique, en ne parlant pas de politique, mais d’enjeux civilisationnels que l’on injecte dans la culture. Ses idées communistes ont fait l’objet d’une réappropriation de la part de l’extrême droite, d’abord par Alain de Benoist. Celui-ci développe l’idée qu’en France, l’hégémonie culturelle serait de gauche et que l’extrême droite ne peut pas gagner dans les urnes dans cette situation. Il lui faut donc remplacer les récits perçus comme hégémoniques par le biais d’attaques. Et c’est là que l’on rejoint la question de l’entrave : les représentants politiques adressent des attaques de plus en plus fréquentes qui restreignent la liberté de création sur des sujets dits progressistes, au moment où des milliardaires d’extrême droite, comme Vincent Bolloré ou Pierre-Édouard Stérin, soutiennent la même substitution des récits. Ce peut être via la production de spectacles historiques alignés sur leur vision de l’histoire, la création de musées comme La Cité immersive des Fables à Paris, le rachat en cours des cinémas UGC, etc.

Début juillet, vous avez organisé un colloque intitulé « À qui appartiennent les mots ». Conclusion ?

Ils appartiennent à tout le monde ! Les mots circulent, sont repris, transformés, détournés, contestés, et c’est précisément ce qui fait vivre la langue et le débat démocratique. La liberté d’expression, c’est aussi cela : pouvoir faire des usages multiples des mots, mais aussi pouvoir contester les usages qu’en font les autres, sans qu’un contrôle excessif n’entrave cette possibilité. Ce que nous avons voulu montrer avec ce colloque, c’est qu’émerge aujourd’hui une nouvelle interrogation sur la « propriété » des mots : qui est légitime pour employer tel mot, raconter telle expérience, parler au nom de qui ? Ces questions nous obligent à réfléchir aux rapports de pouvoir, à l’histoire de certains mots, à la manière dont une parole peut être reçue différemment selon celui ou celle qui la porte.


La liberté d’expression n’est pas une notion figée : elle ne signifie pas que chacun peut tout dire, n’importe où et n’importe quand, sans avoir à prendre en considération les autres ni à répondre des effets de sa parole. Toute la difficulté est de maintenir un équilibre : permettre les questions et les contestations, sans contrôle excessif sur ce qui peut être dit ou créé. Une ligne de crête : tout est affaire d’équilibre.

Partager cet article

Explorer le thème
Gaza
Une boule à neige avec des personnages, les drapeaux palestinien et israélien dans des gravats
Juin 2026
En direct de la énième conférence Israël-Palestine : la paix n’aura pas lieu
Plus de trente ans après les accords d’Oslo, la romancière Marie Semelin plonge dans le dernier sommet du genre à Paris. Un jour sans fin.
Reportage  |  Juin 2026 | Géographies
ombre d’un avion de chasse sur un enfant affamé
Décembre 2025
« Du cockpit, tu ne vois pas vraiment Gaza »
Ils ont mené la guerre de Nétanyahou tout en s’y opposant. Témoignages rares de ces pilotes israéliens, élite d’un pays qu’ils ne reconnaissent plus.
Enquête  |  Décembre 2025 | Pouvoirs