Portrait  |  Pouvoirs

À France Inter, les mauvaises fréquences d’Adèle Van Reeth

Écrit par Clément Fayol Illustré par Antoine Moreau-Dusault
5 février 2026
portrait d'Adèle Van Reth
Une grille bousculée, des journalistes déprimés, des éditorialistes attaqués par les médias de Bolloré… France Inter tangue, et la privatisation menace. En première ligne, sa directrice, ex-égérie de la philosophie sur France Culture, a longtemps ferraillé, avant de se voir écartée. Anatomie d’une chute.
23 minutes de lecture

Janvier 2026. Adèle Van Reeth a collé des posters sur les parois ­vitrées de son bureau avec vue sur la tour Eiffel. Niché au sixième étage de la Maison de la radio, dans le 16e arrondissement de Paris, c’est le dernier espace qui n’est pas hostile à la patronne. Elle a refusé de nous rencontrer. Il faut donc l’imaginer traverser les halls, rentrer dans l’ascenseur, éviter le bouillonnant cinquième étage – celui des studios et de la rédaction –, puis croiser dans les couloirs quelques-uns des salariés de France Inter. Se demandant lesquels, parmi eux, contestent son autorité. Depuis des mois, la communication est rompue. Adèle Van Reeth et ses détracteurs se parlent par journaux interposés.

Elle, c’est dans Le Parisien qu’elle lâche nominations et changements de ligne. Eux font fuiter dans Libération la lettre de doléances dans laquelle ils expriment leur « profond mal-être » et leur inquiétude de « ne plus reconnaître leur radio ». Les dernières audiences se sont remplumées après une chute brutale d’un demi-million d’auditeurs, en novembre 2025. Début décembre, sa cheffe, la haute fonctionnaire Sibyle Veil, a commencé à consulter, envisageant de la remplacer, consciente du rôle de paratonnerre que la directrice peut jouer alors que l’orage gronde, face aux ­périls politiques qui planent sur la « Maison ronde ». Finalement, le couperet est tombé le 5 février : Adèle Van Reeth devra céder son poste à Céline Pigalle, la directrice d’Ici (ex-France Bleu, le réseau d'antennes locales de Radio France) en mars.

Le Rassemblement national (RN), premier parti de France, pas loin de la majorité des intentions de vote, a fait de la privatisation de l’audiovisuel public en « grave dérive sectaire » (sic) une de ses priorités pour la présidentielle de 2027. Les médias du milliardaire Vincent Bolloré relaient la campagne avec zèle. Au point que France Télévisions et Radio France ont assigné, mi-novembre, CNews, Europe 1 et Le Journal du dimanche devant le tribunal de commerce de Paris pour « dénigrement », contre l’avis de la ministre de la culture, Rachida Dati. Tandis qu’Éric Ciotti, ex-patron des Républicains et désormais allié du RN, a lancé cet hiver une commission d’enquête parlementaire controversée sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement » des médias publics, sur fond ­d’affaire Legrand-Cohen, ce feuilleton d’enregistrements clandestins visant ces deux figures d’Inter, largement orchestrée par les médias de l’industriel breton.

C’est que, pour la « Bollosphère », le RN et leurs alliés, France Inter fait figure de symbole, si ce n’est d’ennemi. Une radio rouge, un temple du gauchisme. Quitte à opérer un renversement orwellien : les médias du milliardaire sont libres, ceux du service public sous influence. En face, personne ne prend la défense de la station. Toutes les nuances de gauche et du centre accumulent des griefs contre elle, lui reprochant de maltraiter leurs représentants ou de tendre un peu trop le micro à leurs adversaires. Le tout, évidemment, « avec l’argent du contribuable ». Même l’Élysée, si interventionniste jadis, semble regarder cette lutte existentielle avec indifférence. « On ne cherche pas à placer qui que ce soit ni à peser sur le débat, et on ne fait pas pression sur le service public », résume un conseiller présidentiel. Adèle Van Reeth était donc seule. Avec pour tâche de sauver la première radio de France.

Timbre de glace

22 février 2022, une notification WhatsApp. « Ma chère équipe, dans quelques minutes, vous allez recevoir un mail de Sibyle Veil vous annonçant qui remplacera Laurence Bloch à la tête de France Inter. Et si je tiens à vous écrire maintenant, c’est parce que cette nouvelle ­directrice… c’est moi 😶 », écrit-elle dans le groupe consacré à la préparation de son émission, « Les Chemins de la philosophie ». Elle annonce ainsi son départ, après une décennie à la tête d’un programme qu’elle a hissé au sommet des audiences, vitrine de France Culture et podcast le plus téléchargé de l’application Radio France.

Tous ceux qui l’ont côtoyée à l’époque soulignent son talent d’intervieweuse au timbre de glace. Mais aussi la fraîcheur qu’elle apporte à la philo, décloisonnant les concepts les plus arides pour assumer sa fascination pour la pop culture et son refus de mépriser « la futilité », comme elle l’endosse à l’époque. L’Américain Stanley Cavell (1926-2018), fasciné par la question du bonheur et les comédies musicales, est son auteur préféré. D’où l’idée – qui fit le ­succès de l’émission – d’aller chercher des comédiens comme Jacques Gamblin pour lire des textes, d’inviter l’acteur Fabrice Luchini et le chanteur Julien Doré, ou encore de consacrer des heures aux réalisateurs Hayao Miyazaki et Steven Spielberg, entre deux émissions exigeantes sur Kant et Platon.

Des qualités indéniables de productrice, mais qui ne la destinaient en rien, à 39 ans, à accéder au statut de cheffe d’une grande entreprise publique à la forte culture syndicale – 450 salariés dont 80 journalistes, qui sont autant d’ego à gérer, comme dans toutes les rédactions. Sibyle Veil, la patronne de Radio France, camarade de promo d’Emmanuel Macron à l’ENA, s’est tournée vers elle après deux ans de casse-tête pour remplacer Laurence Bloch, qui allait avoir 70 ans, dont un demi-siècle dans la maison. La petite femme fluette au caractère bien trempé a laissé un bilan incontestable, porté par la matinale rouleau compresseur du duo Nicolas Demorand-Léa Salamé. Son fait d’armes ? « Faire venir des professeurs du Collège de France pendant le “7/9”, à l’heure où il y a le plus d’écoute », résume-t-elle, élégamment mise dans un café du Quartier latin.

« Une radio savante et populaire »

En 2019, sous sa direction, France Inter devient la première radio du pays avec une part d’audience oscillant entre 10 et 12 %. À son départ, la barre des 7 millions d’auditeurs est passée. Remplacer cette figure tutélaire n’est pas évident. Souvent contestée, la « boomeuse » – démographiquement parlant – n’en était pas une dans ses choix ni sa manière d’être. « Soyez punks », exhortait-elle. Le message faisait figure de ligne éditoriale : « C’était un gimmick, c’est ce que les gens ont retenu, mais, en réalité, ma priorité c’était qu’on soit une radio savante et populaire. » Progressiste aussi, de son aveu même. Trop ?

Une première fois, Sibyle Veil avait bien tenté de lui trouver un successeur. Mais le recrutement confié à un cabinet de chasseurs de têtes fuite dans la presse. Tout est suspendu – trop sensible. Quelques mois plus tard, le processus est ranimé. Mais cette fois, le contexte est hasardeux, la patronne de Radio France n’a plus qu’un an de mandat et nul ne peut assurer, à l’époque, qu’elle sera renouvelée. Veil écarte la candidature interne de Nicolas Demorand – dont l’expérience à la tête d’un média, un chaotique mandat de trois ans à Libération, avait été ponctuée par les motions de défiance – et jette son dévolu sur une jeune quadra, Justine Planchon, directrice de Mediawan, la tentaculaire boîte de production audiovisuelle fondée par Pierre-­Antoine Capton avec le milliardaire Xavier Niel et le ­banquier ­Matthieu Pigasse. Planchon, d’abord intéressée, décline. Trop d’incertitudes, ses puissants employeurs la retiennent.

Personne ne voulait le poste.

Laurence Bloch, ancienne directrice de France Inter

« Personne ne voulait le poste, estime Bloch. Il fallait donc quelqu’un qui soit une promesse. Adèle était une jeune femme intelligente, courageuse et qui écoutait France Inter : ça collait. » Faute de mieux, donc. Sibyle Veil ne la connaît pas très bien. Les deux femmes partagent alors un déjeuner cordial une ou deux fois par an, comme la dirigeante a coutume de le faire avec les figures de l’antenne. « Quand elle est arrivée, tout le monde était soulagé que ce soit quelqu’un de l’intérieur, une amoureuse de la radio, qui sait faire une émission et qui aime la culture », assure le bédéiste Joann Sfar, un habitué de la Maison ronde, et surtout un ami avec qui Van Reeth a signé un livre d’entretiens, Le Complexe de Shéhérazade (Éditions de l’Observatoire), en 2018.

À la moulinette

Le jour de sa rencontre avec les équipes, au printemps 2022, Adèle Van Reeth agrippe une canette de Coca. Pour se rassurer. Peut-être aussi pour casser cette assurance froide qu’on lui reproche parfois, héritée de ce grand-père général quatre étoiles, qu’elle adulait. Elle veut faire bonne impression. Elle mesure le chemin parcouru. Plus personne n’écorche son patronyme flamand en « Van Rite » comme à ses débuts. Elle n’avait que 23 ans quand elle a poussé pour la première fois les portes de la Maison de la radio. Née en banlieue parisienne, élevée principalement à Strasbourg, elle est la seule fille d’une fratrie de quatre, ballottée au gré des affectations de son père, conservateur général du patrimoine au pedigree étincelant, du lycée Henri IV à l’École des chartes. À la maison, il n’y a pas de télé.

Elle se rêve un temps actrice, débute des études d’archi, puis est normalienne à Lyon. C’est à l’occasion d’un stage à la matinale de France Culture, alors animé par un autre jeune normalien nommé Nicolas Demorand, qu’elle attrape le virus des ondes. Le caractère mordant de l’étudiante lui permet de s’imposer sans effort. À l’époque, elle avait préféré retourner bachoter, visant l’agrégation après une année d’études à Chicago à lire les transcendantalistes. Un lointain souvenir. Visiblement tendue, plus à l’aise en petit comité qu’en conférence de rédaction, la directrice tout juste nommée sait que son curriculum vitæ a été passé à la moulinette. Alors, elle a soigné son style, BCBG avec une touche modeuse, évitant les excès du tailleur de haute fonctionnaire ou les tenues trop décontractées. Elle sait aussi que les publications Instagram, un livre ouvert sur les cuisses au bord de la piscine, c’est terminé.

Quand on a compris qui était son mec, ça ne nous a pas rassurés.

Une productrice de France Inter

Son mot de présentation ressemble à une allocution politique. Elle parle de sa « fierté » et de sa « mission », puis laisse pointer quelques éléments de langage qu’elle continuera à jeter ici et là au fil des années. Avec elle, la radio doit faire la part belle à « la connaissance », mais aussi à « la confrontation des idées » dans une société où plus personne ne se parle. « Elle répétait “on n’est pas si à gauche, voilà le message” », résume une productrice. Une ombre plane déjà. « Quand on a compris qui était son mec, ça ne nous a pas rassurés, poursuit la productrice. Mais on ne voulait pas être sexistes, alors on a attendu pour en parler… » Car, oui, Adèle Van Reeth est en couple avec Raphaël Enthoven, avec qui elle a deux jeunes enfants. Le très médiatique philosophe germanopratin, fils de Jean-Paul Enthoven, puissant éditeur et homme de presse, mais aussi ex-compagnon de Carla Bruni-Sarkozy, avant sa vie de « première dame ».

Un raccourci misogyne

Au fil des ans, l’essayiste a mué en polémiste acide, tirant à vue sur tout ce qui bouge, d’abord sur Twitter, et plus récemment depuis les colonnes de Franc-Tireur, média qu’il a cofondé en 2021 avec l’essayiste Caroline Fourest et l’homme d’affaires Denis Olivennes, sur les deniers du magnat tchèque Daniel Kretinsky. Le journal s’imagine en antidote « à l’intégrisme et à toutes les fièvres identitaires », sur une ligne laïque hyper-offensive. Chaque semaine, des personnalités y sont étiquetées sans ménagement « wokiste », « islamo-gauchiste », voire « antisémite ». Une sorte de Charlie Hebdo en plus chic, sans les dessins de mauvais goût, très proche du Printemps républicain. Ce courant politique, qui a tout de la nébuleuse, a été fondé en 2016 par d’ex-cadres socialistes, face à ce qu’ils considéraient comme la complaisance de la gauche envers l’islamisme, dans les cendres des attentats de 2015.

Adèle Van Reeth voit dans la simple mention de son compagnon un raccourci misogyne – c’est en partie pour cette raison qu’elle a refusé de nous rencontrer. Lui n’a pas répondu à notre message. Il est pourtant impossible d’ignorer cet aspect de sa vie, qui colore, malgré elle, la perception de chacune de ses décisions. Pas un seul de nos interlocuteurs n’a fait l’impasse sur ce point. Que ce soit pour y voir un agenda caché ou, au contraire, s’en écarter en ramenant ce fait au rang de simple détail biographique. Après tout, son histoire à la Maison ronde est aussi celle de leur compagnonnage : « Les Nouveaux ­Chemins de la connaissance » était à l’origine l’émission d’Enthoven et, elle, sa collaboratrice. Impossible donc d’occulter l’essayiste, surtout au regard de ses pratiques. Son autofiction exhibitionniste, Le Temps gagné (Éditions de l’Observatoire), avait choqué la critique par sa goujaterie en 2020.

Sur les réseaux sociaux, dans ses éditos, Enthoven se vit en bateleur, sabre au clair, et affirme que s’il devait un jour choisir dans l’urne entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, son vote irait à la première. Elle, à l’inverse, s’est toujours plu à brouiller les lignes, mettant « au défi » quiconque de « la situer politiquement ».

Le bras d’honneur de Trapenard

Pas évident de se distinguer dans une maison qui va bien. Les six mois qui suivent l’annonce de sa nomination, elle continue son émission sur Culture, mais rentre dans la fonction, multipliant les rencontres. Elle est de tous les comités de direction. Veil et Bloch attendent qu’elle maintienne le cap. Mais Adèle Van Reeth refuse qu’on lui dicte la recette. Elle n’accepte pas d’être cornaquée par son aînée, préfère tâtonner. Bloch, qui reste dans les murs au poste de directrice éditoriale de toutes les radios, devait pourtant lui apprendre le métier, lui montrer comment « faire une grille ». Un art élevé en interne au rang de science du dosage, entre paris sur de futures pépites et respect dû aux historiques, pour établir les programmes.

Alors, au départ, Van Reeth se contente de petites touches très « France Cul ». Elle installe sur Inter « Quand les dieux rôdaient sur la Terre », porté par la voix caverneuse de l’helléniste Pierre Judet de La Combe, un habitué de ses émissions. Idem avec « L’Inconscient », émission consacrée à la psychanalyse, qu’elle inaugure, mais qui sera vite supprimée – le concept ne prend pas. Rapidement, elle veut aller plus loin. Et réformer une maison qui, pourtant, ne s’est jamais aussi bien portée.

Sa première crise, c’est Augustin Trapenard, à la tête de « Boomerang », l’incontournable rendez-vous culturel de 9 heures, qui la lui inflige. Le courant passe mal entre les deux lettrés. À l’occasion d’un café, elle lui reproche sa façon de poser des questions, trop doucereuses à son goût. Le doute s’immisce. Car sur Twitter (pas encore X), Raphaël Enthoven éructe au sujet d’une interview de Diam’s menée par l’animateur à Cannes, au printemps 2022, où était projeté le documentaire consacré à la conversion religieuse de l’ex-rappeuse, désormais voilée. Alors, quand Van Reeth suggère un changement d’horaire pour son émission, Trapenard se braque et menace de quitter Inter, d’autant qu’on lui propose l’émission culte de France 5, « La Grande Librairie ». Van Reeth prend note, lui demande seulement de ne pas annoncer son départ à l’antenne ni d’en faire un événement. Une sortie discrète, afin qu’on ne lui impute pas le départ de cette star maison.

Trapenard fait tout l’inverse. Il organise une émission spéciale, façon bras d’honneur, conviant en direct une avalanche de personnalités pour « célébrer l’éclectisme, la création et la culture ». La directrice fulmine. Elle n’a que quelques heures pour « reprendre le contrôle », annoncer une remplaçante indiscutable (Rebecca Manzoni) et envoyer un message d’autorité. Mais l’effet est déplorable. À peine arrivée, la voilà responsable de la fin d’une des émissions phares de l’antenne, parfait exemple de ce mélange d’exigence et de popularité dont elle se voulait le symbole.

On découvre une cool girl à l’américaine. Elle demande notre avis, mais n’en tient pas compte.

Un producteur

Le cas Trapenard a surtout laissé entrevoir une personnalité ambivalente. Et une drôle de méthode de management. Adèle Van Reeth va au contact, impose son mètre quatre-vingts, son regard d’acier trempé et son port altier dans des tête-à-tête très informels. Elle ne renonce pas à séduire. Quitte à provoquer l’effet inverse. « Elle était super sympa », raconte, attablé à une brasserie du quartier Montparnasse, un Guillaume Meurice goguenard depuis son départ avec perte et fracas à Radio Nova, dont il a spectaculairement redressé les audiences. « Elle nous a même invités à manger un couscous, sûrement parce qu’on était la bande de gauchistes », rigole-t-il. Une allusion au groupe d’humoristes formé autour des « Belges », Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek, qui ont donné le la en termes d’humour sur l’antenne durant les années Bloch. Ils seront les premiers, sous le règne Van Reeth, à voir leur présence réduite sur les ondes. « Dès qu’elle est arrivée, elle a dégagé les Belges, résume une journaliste de la station. Pourtant, leur dernier quart d’heure dépassait “Les Grosses Têtes” de RTL en termes d’audience, du jamais-vu… »

Van Reeth multiplie les déjeuners et les discussions dans son bureau avec les célébrités maison, chouchoutées, ou ceux qu’elle identifie comme les fortes têtes. « On découvre une cool girl à l’américaine, raconte un producteur. Elle demande notre avis, mais n’en tient pas compte. Elle veut juste plaire. » Pour les salariés moins influents, à qui elle n’a jamais adressé la parole, elle compte sur les goûters ou soirées d’entreprise, avec fontaine de chocolat et bols de bonbons. Elle y participe, rit fort, danse. Mais ce qui fonctionne dans une start-up suscite dans la vénérable maison des moqueries : « Elle nous prend pour des enfants mais, nous, on veut une directrice », raille une journaliste.

« Des idées un peu loufoques »

Pour comprendre les effets – et les limites – de la méthode Van Reeth, il faut savoir qu’à France Inter, une fois la grille montée, la direction n’a en théorie plus de pouvoir sur le contenu des émissions avant leur diffusion. Il ne lui reste que la réunion de programmation du lundi matin, après la matinale, pour peser. Elle a lieu dans son bureau. La question cruciale est ici celle des invités qui défilent à l’heure du petit déjeuner. La tranche reine, régulièrement bidouillée, a été rebaptisée « La Grande Matinale » depuis qu’elle a largement débordé des bornes traditionnelles du « 7/9 » sous sa férule. « Elle a des idées un peu loufoques qui font fixettes, raconte un familier de ces réunions. À un moment, elle voulait absolument qu’on invite [Cyril] Hanouna. Ensuite, ça a été les youtubeurs, puis un podcast sur [la chanteuse américaine] Taylor Swift… » Un proche d’Adèle Van Reeth nuance : « Bloch était beaucoup plus interventionniste… Avec Adèle, il y a beaucoup de fantasmes. »

À la rentrée 2025, le départ de la star de la matinale, Léa Salamé, pour le JT de France 2 libère Van Reeth, qui se permet alors plus d’excentricités. Comme celle d’aller chercher sur Instagram Marie Benoliel, alias « Marie s’infiltre », une « performeuse » qui enchaîne les chroniques catastrophiques sur le très exposé segment humoristique de 8 h 55. Benoliel a beau assumer crânement ne pas chercher à faire rire, le bad buzz est tel que son manager obtient d’Adèle Van Reeth d’affirmer que la séparation, au bout d’un petit mois et demi d’apparitions, s’est faite d’un commun accord, pour que la comédienne se consacre à sa tournée.

Sur Inter, le billet d’humeur, tenu par le passé par des figures telles que Stéphane Guillon ou Charline Vanhoenacker, a toujours été vu comme un baromètre éminemment politique. À la rentrée 2026, seule Sophia Aram s’aventure en terrain polémique, souvent sur la même ligne que celle défendue dans Franc-Tireur par le compagnon de la patronne, avec La France insoumise (LFI) dans le viseur. Les autres jours, le journaliste humoriste David ­Castello-Lopes ou le DJ suisse Mosimann jouent sur une corde consensuelle, ressassant souvenirs d’enfance et tics de l’époque – rien d’inflammable.

Elle a saboté la matinale.

Un membre de l’équipe

En interne, un constat émerge : la tranche ­horaire n’est plus « tenue ». Les pastilles s’enchaînent sans cohérence, les voix masculines dominent, le défilé des intervenants donne le tournis. Nicolas Demorand, qui avait annoncé dans un livre en mars 2025 souffrir de longue date de bipolarité, disparaît de l’antenne. « Elle a saboté la matinale », peste un membre de l’équipe, déplorant la suppression, petit à petit, des contre-pouvoirs à la direction. D’autres se souviennent, dans ses années « Chemins », du « snobisme » que celle qui fut brièvement chroniqueuse chez Laurent Ruquier affichait ostensiblement pour les journalistes des flashs infos. Ailleurs dans la grille, c’est l’arrivée de Fabrice Luchini (pour des lectures de Victor Hugo) ou de l’humoriste Manu Payet, pour une émission dominicale se revendiquant feel good, qui fait tiquer. Des figures populaires, mais vues comme étrangères à l’ADN maison. « France Inter n’a jamais été une radio feel good, tacle Laurence Bloch. Si quelqu’un est en promo sur TF1, quel intérêt a le service public à le faire venir ? »

Prise de bec musclée

Pour mettre fin aux années Bloch, Adèle Van Reeth s’est constitué un entourage à sa main. Elle fait venir de Matignon, époque Élisabeth Borne, Lucas Heral. Un sémillant communicant, à peine trentenaire, qui officiait au sein du parti présidentiel pendant la campagne de 2022. Puis bouscule l’organigramme. Trois ans après son arrivée, le comité de direction a été ratiboisé. Seules les directions de la communication et de la musique sont d’époque. À BFM-TV, elle pique Benjamin Duhamel, jeune « fils de » au profil d’intervieweur politique rugueux, mais aussi son éphémère directeur de la rédaction, Philippe Corbé. « Il n’y avait pas de candidature en interne », prétend-elle devant ses équipes. Pour le numérique, elle recrute un ancien de Konbini et de Mouv’, Mathieu Marmouget.

Au poste stratégique de directeur des programmes, elle nomme Laurent Goumarre, un ancien producteur au profil « culture », comme elle, dont les mails « interventionnistes » lui valent rapidement des accusations de brutalité. Fin octobre 2025, lors d’une prise de bec musclée, un animateur a été victime d’une embolie cérébrale, et hospitalisé trois jours. Un signalement a été effectué auprès des ressources humaines pour déterminer les causes de l’incident, qualifié d’accident du travail. L’enquête est encore ouverte. « Aucun propos violent ni rabaissant n’a été utilisé, il s’agissait d’une simple réunion, d’une mise au point éditoriale », plaide la direction.

Dans les couloirs d’Inter, la rédaction, éprouvée, s’interroge. S’agit-il d’un management erratique dû à l’inexpérience de la patronne ou d’un plan secret pour imposer une nouvelle ligne, plus lisse, visant à se défaire de cette image de « Radio Bolcho » – comme le disait Marine Le Pen, déjà, en 2013 – face au risque de privatisation ? À moins d’y voir l’influence des réseaux de l’encombrant compagnon de la directrice ?

L’hallali contre Meurice

« Une sorte de nazi, mais sans prépuce » : le 29 octobre 2023, dans sa chronique du « Grand Dimanche soir », le dernier petit bout de grille qu’Adèle Van Reeth a laissé à Charline Vanhoenacker et sa troupe, l’humoriste Guillaume Meurice décrit ainsi le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, moins d’un mois après les massacres du 7‑Octobre, et alors que Gaza subit un déluge de feu. CNews reprend l’extrait en boucle, la tempête se déclenche, la justice est saisie. Six mois plus tard, le parquet de Nanterre classe la plainte pour « provocation à la violence et à la haine antisémite » et « injure publique à caractère antisémite » visant l’humoriste. Meurice, pas du genre à s’excuser, se gargarise de sa victoire judiciaire et ressort la même blague. Il est licencié pour « déloyauté » – l’émission, et son amitié avec Charline Vanhoenacker, n’y survivra pas.

Ce que l’on sait moins, c’est ce que cela a coûté à Adèle Van Reeth. En privé, elle a beau assurer que la sanction vient de Sibyle Veil, et que « jamais elle ne censurerait un humoriste », les suspicions de compagnonnage idéologique avec Raphaël Enthoven se déchaînent. Car la médiatique rabbine Delphine Horvilleur, l’avocat Richard Malka, l’essayiste Caroline Fourest ou encore Philippe Val, l’ex-patron de Charlie Hebdo puis de France Inter sous Nicolas Sarkozy, – tous des intimes d’Enthoven, et donc supposés proches de Van Reeth – ont participé à l’hallali contre Guillaume Meurice.

« On sait pour qui tu roules : derrière toi, il y a le Printemps républicain », lui balance une journaliste, en pleine assemblée générale, en juillet 2024. C’est la première fois que les deux mots sont lâchés devant elle. Nous sommes dans l’auditorium de la radio en plein milieu des Jeux olympiques. L’affaire Meurice, licencié le mois précédent, est encore fraîche. Alors qu’Adèle Van Reeth fait face aux équipes pour se féliciter d’audiences historiques, l’ambiance est délétère.

La rédaction l’interroge sur le retour à l’antenne de l’ex-matinalier Patrick Cohen, passé par Europe 1 et France TV, en lieu et place de l’éditorialiste en poste, Yaël Goosz. Un choix interprété comme s’inscrivant dans une tentative de recentrage politique, et un désaveu pour les journalistes maison – d’autant que Cohen était connu, lors de ses années Inter, pour ses relations éruptives avec ses collègues. À ces éléments épars s’ajoutent le « totem d’immunité » accordé à Sophia Aram et sa ligne anti-Mélenchon, de moins en moins drôle, de l’aveu même de l’intéressée.

La rédaction s’enflamme

La parano s’insinue partout. Toutes les rencontres avec la direction sont enregistrées, puis racontées fissa aux rubricards médias des grands quotidiens. Quand, à travers la mention du Printemps républicain, l’attaque « ad Enthoven » est lâchée, le visage d’Adèle Van Reeth se fige. « C’est abject et sexiste », rétorque la patronne. La rupture est consommée. Une motion de défiance prend comme une traînée de poudre, signée par 80 % de la rédaction. « Ma porte est ouverte », répète Van Reeth, mais le sixième étage prend des airs de citadelle assiégée. Il n’y aura plus de rencontres avec la rédaction, hormis les présentations d’audiences, et toujours avec Sibyle Veil qui chaperonne. Elle tente bien, ici et là, « la diplomatie du café », comme ironisent ses troupes. Auprès de quelques oreilles empathiques, loin de la Maison ronde, elle confie sa détresse, les conséquences des rumeurs sur sa vie de famille, laisse même couler quelques larmes. Mais ces alliés d’un moment ne suffisent pas à convaincre les autres.

D’autant qu’Enthoven lui-même jette régulièrement de l’huile sur le feu. Comme lorsqu’il déclare, en septembre 2025 sur son réseau social préféré, qu’il « n’y a AUCUN journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs d’otages avec une carte de presse ». Le même mois, Sophia Aram déverse son fiel sur la flottille pour Gaza menée par l’activiste suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée LFI Rima Hassan, dans un billet qu’elle recycle aussi dans Le Parisien. Les journalistes du quotidien papier sont vent debout, au point de s’en désolidariser dans un communiqué.

Ce qui se passe à Inter dépasse la radio, c’est notre société qui ne sait plus gérer le débat d’idées.

Joann Sfar, bédéiste

Mais à France Inter, la direction ne voit pas le problème. La rédaction s’enflamme. Joann Sfar, proche du couple, y voit l’écho des tourments qui déchirent la société française depuis le 7‑Octobre : « Ce qui se passe à Inter dépasse la radio, c’est notre société qui ne sait plus gérer le débat d’idées et les affrontements, même les différentes sensibilités de gauche n’arrivent plus à s’écouter. » Et d’estimer que le simple fait de brosser le portrait de son amie participe aux divisions : « On ne devrait pas personnaliser ces conflits. »

Dans les couloirs de la Maison ronde, on ne ­résiste plus à se refaire le film du parcours de la directrice, tentant de retracer la toile de ses réseaux. À France Culture, on se remémore les prémices du compagnonnage mystérieux entre le philosophe cathodique et la normalienne en pleine ascension. Une osmose telle que, dans les couloirs, on riait de découvrir que les rares sujets d’indignation d’Adèle correspondaient aux saillies en 140 signes de Raphaël. Entre eux, dès le début, existait aussi une rivalité subtile, autant que l’évidence d’un couple, plus complexe que les on-dit.

Ce qui est certain, c’est que c’est sous son aile qu’elle entre dans un petit monde qu’elle ne connaissait pas, cette jet-set politico-littéraire qui entoure Enthoven – de Bernard-Henri Lévy au clan Sarkozy. Aurélien Enthoven, le fils du philosophe avec Carla Bruni, et donc beau-fils de l’ex-président, partage encore aujourd’hui son temps entre l’élégant appartement sur deux niveaux du couple et celui des Sarkozy, villa Montmorency, dans l’impasse des milliardaires du 16e.

Des serveurs en livrée

C’est Enthoven, aussi, qui présente à sa compagne l’agent littéraire François Samuelson, un cador, capable de créer des carrières. Grâce à lui, elle publie deux livres chez Gallimard. Enthoven lui organise aussi, avec sa société Doxa, qu’il utilise pour cachetonner ses conférences, des tournées auprès de fondations, festivals ou autres acheteurs d’orateurs. Très vite, sa cote monte. L’agence américaine de conférences A-Speakers propose une intervention d’Adèle Van Reeth pour 5 000 euros « hors frais de déplacement », contre 7 500 pour Enthoven. Petits extras qu’elle a abandonnés depuis qu’elle a pris la tête d’Inter et qu’elle touche un salaire gardé secret.

Loin de l’austérité de son enfance, Adèle Van Reeth aime la fête, les mondanités, les dîners. On peut même s’en faire une idée en regardant le film Rose, réalisé par son amie Aurélie Saada, moitié du duo vocal Brigitte, où elle joue une convive aux piques savantes nommée Adèle. Le duplex du couple, décrit par plusieurs visiteurs comme bohème et chic, se transforme régulièrement en place to be. Des participants à ces fêtes, à différentes époques, décrivent la même scène : une playlist rythmée par un percussionniste, avec serveurs en livrée et invités triés sur le volet. Là circulent les gens de la vie d’Adèle, qui, lors de ces réceptions, a des airs de Madame Verdurin. L’acteur Franck Dubosc y croise le philosophe de l’hédonisme Michaël Fœssel, le physicien Étienne Klein ou encore la polémiste Élisabeth Lévy, habituée de CNews.

Parmi les figures d’Inter, seuls Léa Salamé et Patrick Cohen sont des agapes. Il y a aussi, évidemment, les inévitables Richard Malka, Philippe Val, Caroline Fourest. « Ce sont les amis de Raphaël, on me rattache toujours à eux », s’énerve Van Reeth en privé à la lecture d’un portrait du Monde rapportant leur présence. Dans cette haute bourgeoisie, où l’on part en vacances à l’autre bout du monde avec gouvernante et cuisinière, et où les enfants se rendent en taxi à leur école élitiste, la politique est avant tout un sujet de salon. « Elle n’a pas les convictions de son mec, c’est une philosophe mondaine, confie un proche. Elle méprise la politique. »

Une forme de salut

La politique, pourtant, l’a rattrapée à la rentrée de 2025. Tout commence avec la publication d’une vidéo volée, montrant Patrick Cohen et Thomas Legrand, éditorialiste à Libération et producteur-­animateur d’une émission politique hebdomadaire sur Inter, attablés dans un café avec deux élus du Parti socialiste. Tronqué, l’enregistrement semble montrer le quatuor en train de deviser de stratégie électorale à l’approche des municipales. « Patrick et moi, on fait ce qu’il faut pour [Rachida] Dati », lâche Legrand. Les images sont publiées dans L’Incorrect, mensuel lancé par des proches de Marion Maréchal-Le Pen. La phrase de Legrand, dépouillée de son contexte, devient immédiatement virale et tourne en boucle sur les médias Bolloré : elle sera mentionnée, d’après La Revue des médias, 1 470 fois entre le 5 et le 19 septembre sur CNews, et 897 fois sur Europe 1, rivale historique de France Inter tombée dans l’escarcelle du milliardaire droitier.

Thomas Legrand est suspendu des antennes, et doit renoncer à son émission. Mi-décembre, bis repetita : Europe 1 révèle le contenu d’une autre conversation privée de Thomas Legrand tenue dans un café, cette fois-ci avec Laurence Bloch, venue l’aider à préparer son audition devant la commission parlementaire sur l’audiovisuel public, transformée en virulent show médiatique par son rapporteur, le lieutenant ciottiste Charles Alloncle.

Après l’affaire Meurice, c’est une nouvelle crise. Pourtant, Adèle Van Reeth lui doit une forme de salut. Cette ­offensive droitière concertée a resserré les rangs dans la Maison ronde, et détourne l’attention de son bilan. Ainsi, lorsque vient son tour devant la commission, pendant les deux heures de questions sans nuances tournant sans cesse autour du « biais de gauche » de l’antenne, elle n’est jamais questionnée sur sa stratégie ou ses manquements. La normalienne, qui excelle dans l’exercice du grand oral, récite son credo : « Toute accusation idéologique est absolument contestable et ne repose sur aucun fait, il suffit pour cela encore une fois d’écouter l’antenne. » Philippe Corbé, le directeur de l’information, ira jusqu’à souligner que le parti le plus invité de la matinale à la rentrée était le RN. Quelques semaines plus tard, il provoquera la stupeur de la rédaction en annonçant son départ pour France TV. Une nouvelle migraine.

Ironiquement, l’audition face aux députés aura offert un court répit à Adèle Van Reeth. Très à l’aise, elle avait saisi l’occasion de leur offrir une leçon de philo sur le mot « progressisme » : « Je vous rappelle, mais vous le savez sans doute, qu’une de ses sources est le siècle des Lumières. Il est employé par les penseurs libéraux – de droite comme de gauche d’ailleurs [petit rictus] – et il caractérise la croyance en la capacité de l’homme à sortir d’un état de barbarie pour aller vers la civilisation. Il me semble que ce n’est pas quelque chose de politiquement orienté aujourd’hui. » Quant aux convictions des humoristes, « je ne sonde ni les cœurs ni les reins », élude-t-elle. À ce moment-là, la philosophe funambule, accusée d’être trop à gauche à l’extérieur, et trop à droite en interne, sourit. La revoilà, un court instant, dans sa zone de confort, avant la chute.

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