UN CIEL JUSTIFIÉ 04.2024
J’aimerais avoir le temps de penser, de laisser gonfler un petit poème jaune
Dans ma tête, la nuit d’y courir. Près de la centrale nucléaire de Dimona
Un ballon couleur aluminium, une tête de lapin accrochée dans mes phares
À un buisson d’épineux dessinait en souriant un parfait paysage coupable
Cherchant un innocent, je me demandais si ce ciel qui s’infiltrait en nous
Ne nous éparpillait pas de même ? L’éclat des bombardements sur Gaza
portait plus loin que leur fracas au désert, comme encore en relançant
Le moteur je murmurais un ordre, feu, je devinais des nuages indécidables
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TU LA DIVISERAS EN CELLULES
ET TU L’ENDUIRAS DE BITUME
Terre sainte, 2070
Au désert
Un lézard
Lèche, à
L’ombre d’une
Gigantesque
Bulle blanche
Leader du
Marché pour
Telle valve
Sécurisée
La main d’un
Ouvrier
Tandis qu’en
Haut un couple
Haredi*
Embarqué
Pour mémoire
Prolifère.
*« Craignant-Dieu » en hébreu, terme désignant les ultra-orthodoxes qui suivent l’ordre divin de la Genèse : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. »

Les Six Premiers jours d’octobre, Louis Imbert, POL, 176 pages. Sortie le 24 septembre.

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