En nous voyant émerger du 4×4, Pieter est pris de panique. Chapeau de paille à la main, il sort en catastrophe du bulldozer avec lequel il était occupé à abattre un fromager, arbre géant des tropiques. Dans son sillage déboule une ribambelle d’enfants blonds, pieds nus, joues rougies par le soleil. Nous sommes au centre d’une clairière défrichée qui, après la luxuriance de la forêt amazonienne, provoque une inquiétante sensation de vide. Nous n’avons aucune raison de nous trouver là, au bout d’une piste de bauxite d’un rouge tenace, indélébile, cauchemar des loueurs de voitures du Suriname, sur la côte nord de l’Amérique du Sud. À deux heures du premier village. « You, Dutch [Néerlandais] ? » demande Pieter d’un ton angoissé. Il doit avoir une quarantaine d’années. Ses yeux sont d’un bleu presque translucide. Quand nous lui annonçons que nous sommes Français, il est déboussolé. Il n’a jamais entendu parler de ce pays.
Quant à nous, nous jubilons de les avoir enfin trouvés : les mennonites.
En 1537, aux Pays-Bas, dans le bouillonnement de la Réforme radicale, un dénommé Menno Simons forme autour de lui une communauté rejetant toute hiérarchie religieuse au nom d’une foi pure. Ses ouailles, les mennonites donc, essaiment le long de la vallée du Rhin. Leur pacifisme forcené les pousse à fuir de ville en ville à chaque opposition – et elles seront nombreuses – plutôt qu’à se battre. En 1693, à la suite d’un schisme, la communauté se scinde en deux, l’autre branche étant celle, plus rigoriste et célèbre, des amish.
Plautdietsch et chemises à carreaux
D’édits d’expulsion en refus de la conscription lors de la Première Guerre mondiale, cette culture de l’exode mènera ces chrétiens jusqu’au Nouveau Monde – dès 1683, à Germantown, en Pennsylvanie, et au XXe siècle dans le continent sud-américain, où une première colonie est fondée en 1926, au Paraguay. Depuis lors, la communauté, qui s’exprime toujours dans un dialecte bas allemand, le plautdietsch, s’est étendue dans toute l’Amérique latine. De la Bolivie au Mexique en passant par le Pérou, les territoires qu’occupent les mennonites s’étendent aujourd’hui sur 3,9 millions d’hectares, autant que la superficie de la Suisse, pour une population d’environ 200 000 croyants.
Au Suriname, leur arrivée est toute récente. La rumeur bruisse dans les rues de Paramaribo, capitale de ce tout jeune État, qui a obtenu son indépendance des Pays-Bas en 1975 et qui partage ses frontières avec le Brésil, le Guyana et la Guyane française. D’aucuns les ont aperçus à un débarcadère, ou se promenant dans leur immuable salopette noire sur chemise à carreaux pour les hommes, longue robe sombre et foulard couvrant les cheveux pour les femmes. Ces blonds à la peau blanche détonnent dans la société locale où se côtoient des populations d’origine créole, hindoustanie et javanaise. On repère vite les nouvelles têtes dans le plus petit pays d’Amérique du Sud, aux 600 000 habitants.
Tout sauf vierge
Leurs colonies, elles, se construisent dans le secret de la forêt amazonienne, dont le Suriname est couvert à 93 % – plus que tout autre État au monde. Derrière ce chiffre – promesse, depuis les accords de Paris, d’une pluie de crédits carbone dont le gouvernement espère tirer à terme des centaines de millions de dollars – se cache une réalité plus trouble. Les mines d’or illégales pullulent sur de vastes étendues désolées, irriguées pour beaucoup de cyanure et de mercure, ces poisons prisés par les orpailleurs.
Sur les images satellitaires de Google Earth, d’autres secrètes balafres apparaissent dans l’océan vert. Les centaines de traits clairs qu’on dirait dessinés sur Microsoft Paint par un enfant sont en réalité des pistes d’atterrissage informelles, où de vieux coucous déposent la cocaïne colombienne, qui trace ensuite sa route jusqu’au port industriel de Paramaribo. La forêt n’est pas réellement impénétrable : elle l’est juste assez pour qu’on ne sache pas ce qu’il s’y passe. Tout sauf vierge, elle excelle à masquer les traces de ceux qui l’exploitent.
Un far west tropical
Progressivement, Pieter se calme. Il prend confiance et nous ouvre la porte des préfabriqués où sa famille et lui dorment dans des lits superposés en bois construits par ses soins. Le camp, presque désert, se résume à cet abri et à son bulldozer en surchauffe. Faute de maîtrise du plautdietsch, nous nous appuyons sur des rudiments d’anglais pour nous comprendre. Pieter ne cesse de nous désigner les environs déboisés d’un geste large qu’il ponctue d’une question, quêtant notre approbation : « All good ? » Sa peur vient d’un traumatisme : quelques semaines plus tôt, des hélicoptères et des drones de l’armée ont survolé le campement, dans un bruit apocalyptique.
L’installation des mennonites au Suriname est devenue une affaire d’État. La présidente Jennifer Geerlings-Simons, élue en 2025, entretient le flou quant à sa position. Elle est issue du Parti national démocratique (NDP), fondé par feu le président Dési Bouterse – qui, en quelques décennies de carrière politique, s’est distingué par un coup d’État et le massacre en 1982 de quinze opposants politiques. Si une commission a bien été mise en place pour « surveiller » les activités des mennonites, les autorités s’activeraient en coulisses afin de favoriser leur installation.
Pieter est venu en éclaireur. Il prépare l’arrivée d’une cinquantaine de familles. Ses trois fils, tous en salopette, l’aident à tracer les contours des futures parcelles. Maniant les outils avec dextérité, ils sont touchants dans leur application à la tâche. Sa femme et sa fille Esther restent dans un préfabriqué pour préparer les repas. À les observer surgissent des images de far west tropical. Une Bible en cuir relié, les animaux sauvages, quelques poules dans une cage, des enfants aux yeux bleus, l’immensité de la forêt. La nuit, un jaguar rôde aux environs du campement.
Fermes géantes de soja et maïs
Conformément à la théologie mennonite, qui voit dans la technologie un péché – sauf, curieusement, pour les tracteurs et l’épandage de pesticides par avion –, ils n’ont pas de téléphone. Fusil nonchalamment posé sur l’épaule, Kenneth Winter, le garde créole chargé de leur protection, est leur seul lien avec le monde extérieur. L’homme à la flasque de rhum bien en place dans son gilet rapiécé ne s’inquiète pas de notre présence, en laquelle il perçoit avant tout la chance inouïe de gratter quelques cigarettes.
En Amérique du Sud, les mennonites se déploient à grande vitesse. Chaque fois qu’une de leurs colonies est saturée, ce qui ne tarde pas à arriver vu leur taux de fécondité phénoménal – les familles de dix enfants sont la norme –, les couples nouvellement mariés sont incités à s’établir ailleurs. Un fonds alimenté par un système de mutualisation appelé Waisenamt (littéralement le « bureau de l’orphelin », car historiquement destiné à gérer les biens des veuves et des orphelins) permet l’achat de nouvelles terres. Les colonies mennonites sont des fermes géantes, qui privilégient les cultures à haut rendement, soja et maïs. Elles impliquent une déforestation systématique ainsi qu’une utilisation massive de pesticides. La communauté est connue pour faire du chiffre. Quelles que soient les conditions, ils produisent. Beaucoup.
À la tronçonneuse
« Mettez-les au boulot et, dans un an, vous verrez les résultats », claironne dans les médias locaux Ruud Souverein, un entrepreneur néerlandais qui porte le projet de leur installation au Suriname depuis plusieurs années, avec sa société Terra Invest. Il vante les mennonites comme des travailleurs infatigables, gens de foi, humbles et discrets, sachant se faire aimer partout. Puis il balaie les inquiétudes écologiques au nom du droit du Suriname à se développer, et pourfend les ONG de défense de l’environnement, qu’il juge téléguidées par les Européens et déconnectées des réalités du continent. Son beau-frère Lex Van Dijk, éleveur à la tête d’une ferme géante de 9 000 porcs aux environs de Paramaribo, toujours en quête de maïs et de soja bon marché, ne dira pas le contraire.
Pour « faire venir les mennonites » et, avec eux, la prospérité économique, Ruud Souverein s’est associé à Adrian Barbero, un homme d’affaires argentin. Ce soutien fervent du président Javier Milei a épousé – au sens littéral – le culte de la tronçonneuse chère au libertarien à rouflaquettes. La sienne ne sert pas à couper dans les dépenses publiques mais bien, plus classiquement, à abattre des arbres. Sur Instagram et TikTok, où le suivent des dizaines de milliers d’abonnés, il se met en scène parcourant l’Amérique du Sud, et notamment l’Amazonie, à la recherche de régions entières à cultiver.
L’arme secrète
Adrian Barbero se définit comme un « influenceur immobilier rural ». Il promeut, dans ses vidéos, des lots de milliers d’hectares comme on vanterait les atouts d’un deux-pièces orienté plein sud. Se considérant comme un pionnier, capable de repousser les frontières du développement agricole, son credo est simple : investir « là où personne ne regarde ». Mais il faut bien peupler ces régions souvent inhospitalières. Pour cela, il dispose d’une arme secrète : les mennonites. Eux vont partout. Leur force de travail est telle, leur mode de vie si spartiate, qu’ils s’acclimatent quoi qu’il arrive.
Le projet des colonies mennonites, initié en 2022, prévoyait d’acquérir à terme 90 000 hectares, soit presque 1 % de la surface totale du Suriname. Un disrupteur argentin surmotivé, un gouvernement plein d’ambitions économiques, et soucieux de sortir de la dépendance aux industries extractives – pétrole offshore et or –, des éleveurs néerlandais en fonction support, des familles mennonites prêtes à larguer les amarres depuis le Mexique et le Belize. Le casting était complet. Tous les ingrédients réunis pour se lancer.
C’était sans compter sur les indigènes… Comme tout projet d’inspiration coloniale, celui de l’installation des mennonites imaginait un espace vierge d’histoire. À conquérir en plantant un drapeau. Or, les terres qui leur sont dévolues sont situées sur les forêts ancestrales de plusieurs peuples autochtones. Ancien député surinamais, Hugo Jabini a quitté la politique, domaine « où tu ne peux que te compromettre », nous confie-t-il. Il appartient à l’ethnie saramaka, constituée de descendants d’esclaves ayant fui les terribles plantations néerlandaises pour constituer des sociétés libres dans la forêt. Pour lui, les mennonites et leurs projets d’agriculture intensive sont une menace.
Les Amérindiens ne veulent pas des mennonites. Nous voulons développer notre propre agriculture.
Big Chief, capitaine d’une tribu arawak
La forêt, explique-t-il, est la seule ressource des Saramakas, qui pratiquent une agriculture sur brûlis – consistant à brûler la végétation pour fertiliser le sol grâce aux cendres – et y puisent leurs herbes médicinales, construisent leurs pirogues et leurs maisons à partir des arbres, assurent enfin une exploitation respectueuse de l’environnement, dont ils savent tirer les fruits sans jamais l’épuiser. Hugo Jabini a reçu en 2009 le prix Goldman pour l’environnement pour avoir obtenu de la Cour interaméricaine des droits de l’homme un arrêt reconnaissant les droits des peuples autochtones à contrôler les ressources sur leurs territoires coutumiers. « La forêt, c’est nous ! » conclut-il sans détour.
C’est aussi l’avis de Big Chief, un Amérindien du peuple arawak, qui exerce la double profession de bûcheron et de capitaine de tribu. Une colonie mennonite est prévue à quelques kilomètres de son village d’Apoera, à l’ouest du Suriname. Big Chief est catégorique : « Les Amérindiens ne veulent pas des mennonites. Nous n’avons rien contre eux personnellement, mais nous voulons développer notre propre agriculture. » Sa colère contre la corruption des élites politiques soupçonnées de vendre le pays au plus offrant est palpable. Il nous raconte avec emphase une émeute, survenue en mai 2023 dans le village de Pikin Saron contre l’entreprise minière Grassalco, accusée de prédation foncière. Deux protestataires ont été tués par la police. Ce qui n’entame pas sa détermination à « donner une bonne leçon à tous ces politiques ». Big Chief, qui s’habille à l’occidentale, t-shirt et baskets, confesse une inclination coupable pour les fast-foods et la cigarette, dont il veut se débarrasser au plus vite. Pour lui, l’occidentalisation est synonyme de destruction, des autres et de soi. « Ce mode de vie va nous tuer. Or, comment se battre quand on est affaibli ? »
Vieux ordis et moustiques
La mobilisation autochtone a abouti, en 2024, au rejet par le Parlement de l’accord avec la société Terra Invest. La fin d’un projet hors sol ? Non, qu’à cela ne tienne. Au gré des manipulations politico-financières, les mennonites sont réapparus sous une autre forme. Ruud Souverein et Adrian Barbero se sont mis en retrait. Terra Invest est devenu Braganza. Un léger ajustement a été apporté au logo et les ambitions revues à la baisse, avec un projet pilote de 34 000 hectares, qui n’attend que l’approbation du ministère de l’environnement.
Bert Schreuders, consultant environnement, et Lionel Blokland, directeur de Braganza, nous reçoivent dans leurs bureaux de Paramaribo. Transpirant dans l’open space où les vieux ordinateurs à tour s’alignent, les moustiques s’infiltrant par l’aération, on peine à les croire quand ils annoncent vouloir révolutionner l’agriculture surinamaise. Échaudés après quelques articles critiques dans la presse locale, ils nous avaient transmis des listes de questions longues comme le bras, nous demandant de détailler nos pedigrees respectifs. Nous sommes surpris de les trouver en short, s’agaçant l’un l’autre, se coupant la parole, loin de l’image robotique que nous leur avions prêtée.
Sur la défensive, ils nous expliquent que le projet d’installation des mennonites concerne désormais une zone de forêt dégradée. Selon eux, les populations autochtones bénéficieront du projet via des créations d’emploi. Loin des échos que nous avons eus, elles attendraient la venue des mennonites avec impatience, comme une opportunité inouïe. Pour témoigner de cet engouement, Schreuders et Blokland disposent d’une caution locale : le chef coutumier kwinti, un certain Captain Souvenir, qui doit venir témoigner de l’enthousiasme de sa communauté. Comme les Saramakas, les Kwintis sont des « marrons », des descendants d’esclaves ayant fui les plantations hollandaises, mais ils sont peu nombreux et mal structurés. Leurs villages sont situés à quelques dizaines de kilomètres des futures colonies.
Là où les mennonites s’installent, ils s’étendent de façon exponentielle.
Erlan Sleur, activiste environnemental surinamais
Captain Souvenir arrive en retard. Il toque à la porte vitrée, puis entre, haletant. L’air hagard, en tenue bariolée qu’on imaginerait tribale – mais, à la question de savoir si sa robe est un vêtement traditionnel, il nous répond que non, il l’a confectionnée lui-même, car il aime les belles choses. Un énorme Pikachu orne son porte-clés. Instantanément, Schreuders et Blokland se raidissent, comme s’ils craignaient la gaffe. Qui ne tarde pas à arriver. L’œil fuyant, Captain Souvenir nous explique que les mennonites sont très appréciés des Kwintis, que leurs enfants sont « très charismatiques » et qu’il a déjà pu constater leur ardeur au travail. Les mennonites sont donc déjà installés ? Lionel Blokland, embarrassé, coupe court. Au sujet de Captain Souvenir, au nom si poétique, quel que soit notre interlocuteur, la sanction tombera comme un couperet : « corrompu ». Big Chief est formel : il aurait été suspendu depuis des années par sa communauté, pour diverses frasques, des histoires de pots-de-vin et d’abus d’alcool…
On pourrait croire que la présence de quelques familles mennonites – une cinquantaine sont prévues dans un premier temps – est un problème mineur parmi tous les défis auxquels le Suriname fait face. Erlan Sleur, activiste environnemental, pense le contraire. « Là où les mennonites s’installent, ils s’étendent de façon exponentielle », prévient-il. Partout, leur arrivée suit le même schéma : ouverture de routes, défrichage massif, agriculture intensive. Erlan est allé constater de ses yeux la situation en Bolivie, où les mennonites ont fondé 120 colonies et rasé 210 000 hectares de forêt en vingt ans. Désormais, ils affrontent des sécheresses massives, conséquence de la déforestation. « Ils n’ont plus d’eau, tout simplement. »
Misère et ignorance
Au bout de la piste, Pieter nous montre le ciel chargé au-dessus de la canopée. Il nous explique que le Suriname est un pays béni. « Il y a de la pluie ici ! » En Bolivie, la terre était devenue dure, friable comme du verre pilé. Pieter nous donne un bout de papier déchiré pour écrire le numéro de Kenneth Winter, le garde créole. Puis il se rétracte, le reprend et me demande de le noter plutôt sur mon bras : il a besoin du papier. Une denrée rare. À travers lui, les mennonites nous paraissent soudainement vulnérables, égarés en pays étranger. Ils ressemblent plus à des travailleurs exilés qu’à des colons. Les enfants ont des gerçures aux lèvres. Ils ne vont pas à l’école. Leur misère frappe d’autant plus que leurs caisses communautaires disposent de fonds permettant l’achat de milliers d’hectares de nouvelles terres.
Le clergé mennonite ne cesse de leur instiller l’idée que le monde moderne est une instance diabolique, qu’il faut fuir à tout prix. Pourtant, ils sont au cœur d’une logique d’extraction purement capitaliste, employant une méthode d’agriculture fondée sur la productivité et l’utilisation de moyens de production mécanisés. Ils ne sont pas hors du monde. Mais à l’heure de l’ultra-connexion, ils sont maintenus dans une ignorance immaculée, presque irréelle, au service d’intérêts qui les dépassent.
Contactée, la Conférence mennonite mondiale, qui revendique 2 millions de croyants dans 87 pays, indique que les colonies sont des communautés fermées, et qu’elles tendent, malgré un bagage culturel commun, à ne pas s’associer aux rencontres entre délégations du monde entier. Sur leur fonctionnement interne, il semble que, même en pays mennonite, le flou demeure.
« Ils travaillent dur »
De la société Braganza, Pieter ne sait rien, même pas le nom. Ces trois syllabes le laissent complètement pantois. Il ne se souvient que d’un homme avec un très gros ventre, qui pourrait bien s’appeler Lionel. Depuis son siège rembourré, le directeur Lionel Blokland a un rire condescendant : « Ils travaillent dur, sept jours par semaine… » Lors de notre entretien avec le businessman, quand nous parlerons des mennonites, il ne sera jamais question d’une personne précise. Jamais un nom n’est prononcé. La communauté est toujours évoquée comme une masse corvéable et désincarnée, comme on parlerait d’une colonie de fourmis.
Pendant que des groupes financiers organisent leur juteuse expansion, la forêt continue d’être rasée. Le fromager s’écrase au sol dans un bruit de tremblement de terre. Aux manettes de son bulldozer, Pieter, lui, n’a jamais entendu parler du réchauffement climatique.
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